StÊroNE. Vie de Perse
de pins distingué dans le monde de l’intelligence et de la politique. Les perspectives glorieuses et profondes du passé ne se retrouvaient pas dans l’avenir. Les générations, entraînées comme sur une pente rapide par les passions et par les mœurs républicaines, reculaient épouvantées devant l’obscur avenir qui s'entr’ouvrait tout à coup devant elles comme un abîme. Les premiers Césars, dont il faut reconnaître la position difficile, essayèrent d’occuper l’activité de ce peuple oisif, et de contenir les passions violentes qui l’agitaient, même au sein de la paix. Spectacles, plaisirs, largesses, disputa lions philosophiques, concours de poésie, lectures publiques et déclamations, tout ce qui ne mettait pas leur pouvoir en péril, ils l'accordèrent aux Romains, comme une indemnité de la gloire et de la liberté perdues.
Non-seulement Néron permit les lectures publiques, à l’exemple d’Auguste et de Claude, qui venaient comme de simples spectateurs écouler les récitations des poètes', nonseulement il favorisa les lettrés et les philosophes qui parlaient aux Romains dans les basiliques et dans les bibliothèques; mais il ne dédaignait pas d'assister à ces réunions, ni d’y jouer un réle, ni de soumettre ses productions à l’appréciation d’un public d’élite, et il se trouvait honoré d’obtenir ses applaudissements s.
Les applaudissements de Lucain ne manquèrent point à Néron ; mais c’est Perse surtout que le neveu de Sénèque poursuivait de son admiration passionnée. C’était à chaque vers des exclamations enthousiastes. La poésie de Perse était au-dessus de tout éloge. « Voilà de vrais poèmes! s'écriait-il »