‹ NéronChapitre 12 sur 205 · Plutakuuk, Vie île Pompée, ch. xlii · texte numérisé non relu

Plutakuuk, Vie île Pompée, ch. xlii

î. Par trois fois on entreprit d'attenter à sa vie; le peuple s’ameuta contre lui dans le Forum, et quelques légions se révoltèrent. SdiTOME, Claude, cb. xni, Tacite, Ann . liv. XII, ch. xutt.

tude et arrivés à la domination, ils revendiquèrent à bon droit les privilèges de l'intelligence et de la dignité humaine. Au reste, le pouvoir de ces affranchis était moins envié que leurs trésors n'étaient convoités par les Romains. Les trente colonnes d’onyx qui ornaient la salle à manger de Callisle faisaient délirer de rage les parasites et les cyniques affamés*. Quand le prince se plaignait de l’épuisement de ses finances, on lui répondait qu'il serait opulent si deux de ses ministres consentaient à lui donner as petite part dans leurs profils. Le bon empereur faisait ressortir à son insu la morgue et la hauteur de ces hommes nouveaux; leur maintien superbe contrastait avec ses manières simples et ses allures abandonnées. Un jour qu’il siégeait comme juge dans le Forum d'Auguste, ayant senti l’odeur des viandes préparées pour les prêtres de Mars, il se leva de son tribunal, interrompit les plaidoiries et courut se mettre à table avec les saliens.

Dans une autre occasion, pendant qu’on traitait d une affaire qui intéressait les charcutiers et les bouchers de Rome, Claude, qui était assis entre les deux consuls, s’écria tout à coup en plein sénat : Qui de vous peut vivre sans petit-salé ?... Et le voilà faisant l’éloge des anciennes tavernes qui lui fournissaient autrefois d’excellent vin. Une femme 'ayant comparu comme témoin dans le sénat, Claude la reconnut pour avoir été coiffeuse de sa mère Antonia. Il la prit sous sa protection, disant qu’elle l’avait toujours honoré comme son patron, tandis qu’il y avait au Palatin dans sa famille des gens qui ne lui rendaient pas tout ce qu’on lui devait de respect.

Détournez maintenant les regards du maître et porlez-les sur l’affranchi. Qu’il soit assis sur sa chaise curule, prêt à recevoir

t. Puve. Hiit.nnt., Ut. XXXVI, ch. xii, parag. X.

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dans son atrium les rois et les ambassadeurs des peuples alliés, ou qu’il s'étende sur un lit de la salle à manger couvert des tapisseries de Babylone, Pallas est toujours silencieux et superbe. Autour de lui sont étalés les chefs-d’œuvre des maîtres ; il ne daigne arrêter ses regards que sur des merveilles. Les colonnes du triclinium sont du marbre w?rt de Lacédémone, qui est lo plus gai. Le pavé reproduit la belle mosaïque de Soin de Pergame, l’Asarotos a>cos ou la maison non balayée. Parmi les débris d’un repas que l’artiste a représentés, on admire la colombe buvant dans une coupe et l’ombre de sa tête projetée dans l’eau * . Çà et là dans un jour favorable brillent quelques petits tableaux de Pyræicus, le Teniers de l’antiquité, dont la muse plébéienne hante les cuisines et les boutiques de cordonnier. Les murailles sont couvertes de marbres rares, servant de cadre à des peintures riantes dans le goiït de Ludius qui composa le premier des paysages agrestes en s’inspirant des Géorgiques de Virgile. Les entre-colonnements sont garnis par des bronzes de Myron, habile à saisir les formes des animaux; par des marbresde Praxitèles, où rayonne la beauté des nymphes qui trouble les jeunes esclaves d’amour insensé2. Aux quatre angles de la salle, de grands vases d’argent, ornés de bas-relief, d’après Acragas le ciseleur, représentent des chasses prises dans Xénophon. Ils sont posés sur des tables de citre dont les veines disposées en cheveux crêpés s’enroulent comme des tourbillons *. Chacune de ces tables a coûté plus d’un million de sesterces, le prix d’un grand domaine. •

t. Pline. HUt. nat., liv. XXXVI, cb. lx.

î. Pline. Ilist. nat., liv. XXXVI, ch. iv, parag. 10. Id. Pline. Silæ fuere cl Thespiades ad ædem fol icitatis quarum unam adamavit eques romanus Jnuius Pisciculus, liv. XXXVI, ch. iv. p. Î6.

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