‹ NéronChapitre 125 sur 205 · Tacite. Amn., tir. XV, «h. livh · texte numérisé non relu

Tacite. Amn., tir. XV, «h. livh

sion des rapports nouveau! entre le prince et les citoyens. On n’entendait que deux tons : l'insolence ou la flatterie. N'avonsnous pas éprouvé nous-mêmes un égal embarras, au sortir de nos habitudes monarchiques, quand nous cherchions assez gauchement les formules de l’égalité républicaine?

De tous les Césars, Néron était celui qui supportait le mieux l’expression de la vérité; les historiens constatent sa patience exceptionnelle à souffrir 4 l'injure. Si la réponse de Subrius l'étonna, c’est qu’il croyait qu’en bonne justice on ne pouvait pas lui reprocher la mort de sa mère, son titre d’artiste, qui faisait sa gloire, et l'incendie de Rome dont il était innocent. Il pensait au contraire qu’on devait lui tenir compte de sa sollicitude envers le peuple et des secours qu’il lui avait prodigués.

Subrius mourut bravement. Spectateur impassible des apprêts de son supplice, il critiqua, au point de vue militaire, ceux qui creusaient sa tombe devant lui. Un de ses camarades, Niger, autre tribun, était là pour le tuer de sa main; il lui recommanda de tenir la tête ferme pour recevoir toute la force du coup. * Plaise aux dieux, répondit le patient, que ta main soit aussi sûre pour m’exécuter. » Niger était tremblant, en effet : il dut frapper un second coup pour décoller Subrius; puis il alla se vanter à Néron de l’avoir tué en un coup et demi.

Tous les officiers prétoriens moururent avec courage. Avant de marcher au supplice, Sulpicius Aspcr dit à Néron, qu’il avait conspiré sa mort par affection pour lui et dans l’unique

I. Mirum, et vel præcipue notaliile inter lure fuerit, nihil eum patientiu*.

quant maledicta et conritia liominum lulisse Et quosdam per indicem

leblos ad senatum, allia graviore pœna proliibuit. Siltone. fie <Ze Héron, cil. xixix.

VIE DE NÉKON tü7

Lui d'arrêter le cours de ses crimes. Foenius seul déshonora ses derniers moments par ses plaintes et par les larmes dont il mouilla son testament. Quintianus, Scévinus et Sénécion firent preuve, à leur dernière heure, de plus d'énergie que leur vie licencieuse n'en faisait espérer. A l'exemple de Sénèque, son oncle, le poète Lucain, ouvrit ses quatre veines dans un bain chaud ; puis se sentant faiblir à mesure qu'il perdait son sang, il se souvint d’un passage de la P/iarsale où il a voulu peindre les douleurs d’un soldat mourant comme lui. Alors, par une préoccupation de poète qui n’est pas sans courage et ne manque pas de grandeur, il rapprocha, des douleurs qu'il éprouvait, l’expression de celles qu'il avait racontées; il récita d'une voix éteinte six vers de son poème et son dernier refuge contre la mort, fut dans sa poésie qui lui promettait l’immortalité.

Néron profita de la circonstance et des facilités que donne la nécessité politique, pour envelopper dans la proscription le consul Vcslinus qui lui était odieux. Vestinus avait épousé Stalillia, quoique l’empereur fût un de ses amants, et Néron se souvenait des railleries mordantes que lui avait souvent adressées le consul au temps de leur intimité. Ce jour-là, Vestinus ayant rempli toutes les fondions de sa charge, donnait un grand repas, comme s'il n'avait pas eu à s’inquiéter du complot. Néron, pour qui les formes de la justice sont trop lentes, lui reproche d'avoir pour maison une forteresse

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