‹ NéronChapitre 148 sur 205 · Voici «jutîl est le sens du vers d’Homère · texte numérisé non relu

Voici «jutîl est le sens du vers d’Homère

« J'entends les pas des chevaux frémissants. •

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Il unie, «liant x, vers 335.

fui cernée; Néron comprit qu'il était perdu. Il recommanda aux personnes qui l’entouraient de ne pas livrer sa tête à ses ennemis et de brûler entièrement son corps. Aussitôt après, il se perça de son poignard. Dion ajoute qu’Épaphrodile, son secrétaire, l’acheva *.

Il respirait encore quand le centurion chargé de le saisir arriva. Pour obtenir de Néron qu’on arrêtât le sang et qu’il lui permit de panser sa blessure, cet homme feignit d'être venu à son secours. * Il est trop tard, lui répondit Néron. Voilà donc votre fidélité 1 * Après ce reproche, digne d'un empereur, il expira les yeux grands ouverts, fixes et menaçants jusqu’à glacer d'épouvante ceux qui l’entouraient.

Aussitôt que la nouvelle certaine de la mort de Néron se fut répandue dans Rome, les colères et les haines dont ce prince était l’objet s’évanouirent pour faire place à la consternation et aux regrets Ses funérailles furent aussitôt célébrées sans opposition et avec pompe*. La favcurpopûlaire protégeait sa mémoire. Acté reparut alors pour rendre à Néron les derniers devoirs. Elle fut assistée par les deux nourrices qui avaient élevé l’enfance de Lucius. Le corps fut brûlé dans le Champ-de-Mars, peut-être dans le bustum des Césars. Les femmes restées lidèlcs à la mémoire de Néron recueillirent ses restes, [>uis elles allèrent les déposer en pleurant dans le tombeau des Domilius qui s'élevait sur la colline des jardins. Le malheureux Sporus était là, témoignant aussi de sa fidélité et de son afTection, bien étranges à côté de tant d’infamie. Le bûcher de Néron fumait encore que Nymphidius, irrité dans sa jalousie

1. Ipse sibi manus attulil qunmque apure moreretur Epaplirodila

eum oonfecit. Dion Cassius. Liv. LXIII, ch. xxix. Traduct. de F.-G. Slurzéc. Leipzig.

par les pleurs et par les lamentations de l’eunuque, vint arracher à ses regret's la malheureuse créature. Il l'entraîna dans sa maison, et quelques jours après il l’épousa *.

Au-dessus des cendres de Néron, qui reposaient dans le porphyre, s’élevait un autel en marbre de Luna. La balustrade qui régnait autour était en marbre de Thasos. Ces honneurs funèbres, rendus à un prince qui venait de succomber sous le poids de l’exécration publique, ont quelque chose d’inexplicable, comparés à la sépulture mesquine et furtive de Caligula. Le tombeau de Néron était à peine fermé que les Romains vinrent déposer des fleurs et des offrandes sur son autel. Le marbre qui couvrait ses cendres disparaissait sous les couronnes. Le peuple relevait partout ses statues, et le bruit se répandit que les Romains, abusés par scs funérailles, verraient bientôt reparaître ce prince adoré.

La mort du dernier des Césars laissa dans Rome et dans l'univers un vide immense, et les provinces parurent s’ébranler comme les membres d’un grand corps prêt à se dissoudre. A Rome, la plèbe soulevée se rue sur la place publique; on lui permet d’écraser le gladiateur Spiculus sous les statues de Néron ; un chariot chargé de pierres passe sur le corps d'Aponius et brise tous ses membres. Les crimes du dernier règne sont dépassés. Les plus indignes prétendent à l’empire. Dans la basse Germanie, c’est Fonlôius Capito quo ses lieutenants égorgent après l’avoir acclamé. En Afrique, c’est Clodius Macer qu’un intendant de Galba fait mourir. A Rome, c’est Nymphidins, suborneur des prétoriens et protecteur du sénat.

L’ambition de ce scélérat paraissait si impudente quand

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