Dion Cassius, liv. LX. Suétone, Vie de l'.htule, cli. m
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VIF. DE NÉRON ment du peuple et de César. Tacite porte à dix-neuf mille hommes le nombre de ces malheureux. Toutefois, ce n’était pas sans danger qu'on les avait réunis. Après avoir posé leurs chaînes et pris des armes, s’ils se comptaient, ne pouvait-il pas se trouver là un Spartacus qu’on aurait mis imprudemment à la tête de son armée?
Narcisse, intendant des travaux, dut être l’ordonnateur de la fête, et tout fut prévu. Les bords du lac étaient garnis de barques, de parapets, de tours munies de balistes et de catapultes ; la garde prétorienne occupait les retranchements, prête à défendre les spectateurs contre les dix-neuf mille condamnés, si ces histrions d'un jour osaient combattre pour la liberté au lieu de jouer la mort.
Claude et Néron présidaient à 'la fête, vêtus tous deux de Vhabit militaire des empereurs: la cotte d'armes et le manteau de pourpre. Auprès d’eux, sur une estrade, on voyait Agrippine en costume d’amazone. Parée d’une chlamyde d’or, elle brillait au milieu des femmes vêtues de blanc, qui s’étaient groupées autour d’elle. Claude et Néron étaient éclipsés. La fille de Germanicus, dans tout l’éclat de la puissance et de la beauté, attirait seule l’admiration et dominait de tout son ascendant le jeune prince et le vieil empereur. Pline l’Ancien avait conservé de ce jour et d’Agrippine un souvenir ineffaçable. • Nous avons vu, dit-il, Agrippine, femme de Claude, au spectacle qu’il donnait d’un combat naval, couverte d’un habit militaire d or tissé sans autre matière 4. Quant à Britannicus, était-il absent ou perdu dans la foule ; aucun écrivain ne daigne le nommer, et l’indifférence du peuple qui l’oublie se retrouve même dans l’histoire. *