I. Scétoxe. VJ* de Héron, ch. xx
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liait (le si haut sur Pallas, dont l’orgueil et la fortune provoquaient l’envie, [rouve qu’ Agrippine n’était pour rien dans la nouvelle impulsion donnée aux affaires. Elle dut ôlre profondément blessée de voir Néron se montrer si sévère pour l’homme qui était son complice, son ministre, et son amant, Le sénat accueillit avec un véritable enthousiasme ce discours prononcé par un jeune prince, petit-lils et image vivante de Germanicus; on y retrouvait la sagesse et la modération d’Auguste : ce n’était plus la politique de Claude, prenant ses ministres en dèhors de la considération publique; le prince acceptait, au contraire, les candidats proposés par l'opinion ; et, ce qui est un grand bien sous tous les régimes, son choix s'arrêtait sur ceux qu’avait recommandés l’estime déshonnêtes gens.
Les sénateurs voulurent que ce discours, gravé sur le marbre en lettres d’or, fût lu tous les ans au mois de janvier, et restât comme un pacte entre la république et le prince.
On se tromperait fort, en ne voyant dans la joie des sénateurs et dans les honneurs décernés à Néron que l’empressement servile d’hommes oublieux de leur dignité pour être agréables au maître. C’était l'expression sincère d’un contentement trèslégitime; c’était le désir de rendre définitives les mesures libérales du jeune César; c'était l'appréciation exacte d’une politique qui était un retour à la justice. Depuis la loi Semproniu , les sénateurs n’étaient plus les seuls juges des grandes affaires, ils partageaient avec les chevaliers le droit de siéger dans les tribunaux. Pendant les règnes de Claude et de Caligula, l’importance extrême des affranchis les avait diminués encore et presque entièrement privés de leur importance et de leur pouvoir.
Ce fut donc avec reconnaissance qu’ils se virent rétablis dans les honneurs et dans l’exercice de leurs droits. La
direction des affaires, retirée aux affranchis pour être conliée à des hommes considérables tels que Burrhus et Sénèque, fut acceptée par eux comme une satisfaction donnée à la dignité du sénat et du peuple romain. *
La conduite de Néron répondit à ces prémices. Le sénat usa de l’autorité qu’on lui avait rendue, et tous ses réglements eurent force de loi : Il défendit aux avocats de recevoir de leurs clients ni présents ni salaire; les questeurs furent dispensés de faire au peuple des présents de gladiateurs. Agrippine s’y opposa vainement. Sénèque fut autorisé par Néron à maintenir les décisions du sénat. Ainsi se formait spontanément, contre cette femme criminelle, une entente, de tout point honnête et profitable à la chose publique, entre César et ses ministres. C'est à Néron surtout que revient l’honneur de ce changement, car Sénèque et Burrhus, qui jusqu’à ce moment avaient servilement obéi, auraient continué sans doute, si, contre toute prévision, la confiance et le caractère du prince ne leur avaient pas offert un appui.
Ainsi Néron trouva dans ces deux personnages le concours utile et sûr que le seul Narcisse lui avait fait entrevoir. Dans l’accord parfait qui régnait entre Burrhus et Sénèque il ne faut pas voir seulement un indice de leurs bonnes intentions, mais encore une preuve des dangers que leur faisaient courir Agrippine et l’allas: leur union était une nécessité. S’il leur fut possible d'inaugurer un gouvernement sage, humain, protecteur de tous les intérêts, ce fut grâce à Néron, qui était libre de suivre une autre voie en passant du coté de sa mère. Le prince voulut rester fidèle à la promesse faite au sénat de revenir franchement à la politique d'Auguste, et Tacite lui-même rend justice à sa bonne foi'.