Tacite. Ann., liv. XIII, ch. l
ciens préteurs dont on avait éprouvé l’intelligence et la probité. Ce n'est pas un médiocre service, ni un hommage insignifiant rendus à la morale, que d’avoir diminué des trois quarts les récompenses assignées aux délateurs par la loi '. Néron voulut qu’on prit contre les faussaires les plus grandes précautions *; que les procès des particuliers avec le fisc fussent portés devant les juges ordinaires 1 2 3 *. il substitua les distributions à domicile et les sportules, aux repas publics qui étaient des causes de désordre *. On vit sous son règne le commerce de la droguerie accuser et faire condamner par les consuls, Démétrius comme accapareur 5 6. Ces règlements utiles, et d’autres encore établis dans le même esprit, subsistèrent longtemps après sa chute; ilsprouvent de quelles bonnes intentions Néron était animé.
Ce n’est pas que l’honneur de celte administration honnête doive être attribué à lui seul, ainsi que Dion Cassius semblerait vouloir le faire entendre : il affirme qu’après la mort de Brilannicus, Burrhus et Sénèque, découragés et contenus par un tel maître, se retirèrent des affaires publiques pour ne veiller qu’à leur sûreté ". Ce qu’il y a d’étrange et d’inattendu dans les bienfaits qui signalèrent les premières années de Néron, annonce il est vrai l'inexpérience et l’emportement d’un jeune homme qui consulte son cœur plus que la raison d’État, mais tout démontre qu’il sut longtemps encore apprécier ses deux ministres et leur continuer sa confiance.
Le sénat reprit son importance; les magistrats, librement
i. Suétone. iVcron, ch. xvi.