Scétuxe. Fie de Héron, «h. xxxix
Par un esprit de justice qui se manifesta souvent chez lui, Néron crut devoir se résigner à des accusations qui se reproduisaient au fond de son cœur. U fut assez sage pour ne pas rendre ces bruits plus importants par son attention.
Les hislorieus nous assurent que la nature et les dieux protestèrent contre son crime, par les prodiges les plus inouïs : une femme accoucha d’un serpent. Le tonnerre tomba sur les quatorze régions de Rome. Un tremblement de terre des plus violents épouvanta la ville éternelle. Le 30 avril, pendant les sacrifices d'actions de grâce que le sénat offrait aux dieux, à l'occasion de la mort d'Agrippine, le soleil s’éclipsa si complètement, qu'à la grande stupeur des Romains, les étoiles apparurent au ciel dans cette obscurité. Si disposé qu'on soit à croire à des miracles attestés par tous les historiens, l’impression profonde du règne de Néron sur les esprits ressort de ces témoignages bien plus que l’authenticité des faits merveilleux.
Quelques jours après l’éclipse et le tremblement de terre du 30 avril, la fête des Morts célébrée le sept des ides,' c’est-à-dire le 9 mai, vint redoubler les remords et la terreur du parricide. Néron eut souvent recours à la magie pour llêchir les mânes irrités de sa mère, qui le tourmentait à travers la [lierre du sépulcre; mais avant, il se soumit aux pratiques mystérieuses recommandées par les curions pendant les nocturnes lémures. Vers minuit, à l’heure du sommeil profond, quand les aboiements des chiens ont cessé, le Romain sortait de sa chambre, nu-pieds, et faisait claquer les doigts de sa main pour effrayer les ombres*. Il lavait trois fois ses mains à l'eau d’une fontaine, phis il rentrait en jetant une à une derrière lui des fèves