‹ NéronChapitre 60 sur 205 · N’ox ubi jam media csl, somnoque sileniia præbet · texte numérisé non relu

N’ox ubi jam media csl, somnoque sileniia præbet

El canis, el varia? conticui-slis aves.

Ovide. Les Faslts, liv. V, vers. 4S9 et «uiv.

noiresqu’il avait dans sa bouche. La croyance était que l’ombre familière le suivait sans être aperçue et ramassait les fèves pendant qu’il prononçait par neuf fois des paroles consacrées. Il plongeait une dernière fois ses mains dans l’eau, frappait sur un tympan d’airain pour épouvanter le fantôme, et le conjurait de quitter son toit. Il se tournait alors, et celui qui ne voyait rien devant lui pensait avoir conjuré les apparitions. Mais Néron, s’il osa regarder derrière lui quand toutes ses pratiques furent achevées, vit sans doute apparaître l’ombre menaçante d’Agrippine, agrandie et consacrée par la mort.

Ce fut après avoir inutilement employé les moyens conseillés par les curions que Néron descendit dans les arcanes de la magie, pour se soustraire aux obsessions qui troublaient ses nuits. Efforts inutiles : des frayeurs et des remords incessants furent le supplice de toute sa vie. Nous le verrons, au dernier jour de son règne, redemander le bracelet que sa mère lui avait donné comme un talisman. Ce souvenir ineffaçable et ces regrets prouvent que sa bonté native ne fut jamais entièrement étouffée et qu'elle resta toujours opprimée, captive, mais gémissante au fond de son cœur.

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