SPECTACLES ET JEDX DD CIRQUE
Mon de Domina. — Néron faussement accusé. — Attrait des spectacles. — Home et les provinces se passionnent pour les jeux, du Cirque. — Urigine de ces jeux. — Pompe triomphale de la procession sacrée. — Sacrifices, signal donné par l'édite. — Courses des chars. — Gladiateurs. — Combats d'animaux venus de tous les points du monde. — Kntr'actes, rafraîchissements offerts par l'empereur. — Loteries, dépenses faites par César. — Gladiateurs attirés par les récompenses.
Avant d'aborder l’importante question des spectacles chez les Romains, il est juste de défendre en peu de mots Néron d’une accusation portée contre lui. Il s’agit debomitia, sa tante, que Suétone et Dion nous affirment avoir ôté empoisonnée par son ordre. Voici les faits: Quelques jours avant dequittersa première barbe, Néron alla faire visite à sa tante Domitia, déjà fort vieille et très-malade. L’honneur qu’elle recevait et l’intèrét que lui témoignait l'empereur l'émurent vivement, et dans la joie qu'elle en éprouvait, touchant le menton de son neveu avec une familiarité toute maternelle, aussitôt que j'aurai vu tomber cette barbe, dit-elle, je pourrai mourir. — C'est bien, .reprit Néron en se tournant vers ses amis, je vais me faire raser en sortant.
Certes il y a loin de cel homme à celui qui aurait voulu ne savoir pas écrire pour ne pas signer un arrêt de mort; mais cette parole de Néron prés de Domilia malade n'est pas l’ex pression d'un mauvais sentiment, c’est l'intempérance d'un esprit railleur qui ne résiste pas au plaisir de se produire. La présence de scs joyeux compagnons entraîna Néron [dus loin qu'il ne voulait aller. En sortant, il s'entretint de la malade avec les médecins et leur conseilla de la purger; voilà sur quoi repose l’opinion de ceux qui l’accusent d'avoir fait empoisonner sa tante, il était, disent-ils, impatient des'emparerdeses biens. Pourquoi impatient, puisque le besoin d’argent ne s’était pas encore fait sentir? Puisque Domilia était vieille et mourante ? Puisque cet héritage ne pouvait lui échapper?... De toute sa famille, Domilia seule lui restait; il n’est pas possible d'admettre que Néron se soit rendu, sans motif, coupable d’un second parricide quand l'horreur du premier troublait encore toutes ses nuits. Croyons avec Tacite, qui ne lui a pas imputé ce crime, qu’il faut ranger cette accusation au nombre des calomnies dont la haine a poursuivi les Césars après leur mort. Néron, le plus populaire, a dû élre le plus flétri, et l'on serait en droit de reconnaître dans Suétone, l’historien que Martial accuse d'écrire une fausse histoire de Néron '.
Il est d'autant plus important de constater l’innocence de Néron, que trois ans se passent après la mort de sa mère sans qu’on ait à lui reprocher la moindre injustice, ni de nouvelles cruautés. Ce serait donc trois ans qu'il faudrait ajouter aux cinq premières années qui motivaient l'admiration delrajan.
La puissance et l’attrait des spectacles étaient si grands à Home, — que les Grecs et les Barbares, les nations voisines et