‹ NéronChapitre 66 sur 205 · An quæ N'eroni falsns astruit scriptor · texte numérisé non relu

An quæ N'eroni falsns astruit scriptor

Martial, livre lit, Epigramnu Sû*.

les peuples éloignés, restaient avides et curieux de tout ce qu’on racontait du cirque et de l'amphithéâtre. Ce qu'ils voyaient des forces de l'empire, ce qu'ils apprenaient de la grande cité, de son peuple, de ses monuments eldeses plaisirs, la leur faisait accepter pour capitale et pour commune patrie. Tout homme né pour sortir de la foule aspirait à devenir citoyen romain. Voyons donc quels étaient ces spectacles et ces jeux.

Les spectacles des Romains, déjà grands et terribles sous la république, arrivèrent sous les Césars au plus haut degré de leur splendeur. Les émotions du cirque avaient remplacé les débats du Forum et l’enivrement des triomphes. Le peuple s'y portait avec une telle ardeur, que la veille de ces grandes solennités il allait prendre ses places et passait la nuit sur les gradins ' ; du pain et le cirque voilà sa vie. Le plus dur côté de l'exil ou d'un long voyage c’était d'élre privé de spectacles pendant toute l'année*. Chaque province voulut avoir des théâtres où seraient reproduites les splendides horreurs du cirque romain. On essaya de contrarier celte -tendance, mais elles s'y livrèrent avec une fureur toujours croissante, et dans telle ville assiégée, le peuple abandonnait pour aller au spectacle la défense des murs qui tombaient alors au pouvoir de I ennemi ».

Au reste, les jeux romains consacrés par la religion remontaient aux origines uationales. Institués par Romulus, ils avaient reçu de Tarquin une pompe nouvelle imitée des Étrusques. Plus lard le sénat décréta que la République en ferait les frais. Les premiers magistrats veillaient à la célébration des

I. Inqnieialus fremilu gratuita in circo loca Je media noete occupantium, umnes fustibus abegit. Suétone. Caligula, ch. xxvi.

t. Jt vénal. Satire xi. vers 52.

5. En 439, les habitants de Carthage étaient au Ihéltre quand Ucuseric s'empara de leur ville.

jeux : les uns en avaient l’inlendance pour les préparer, les autres étaient chargés d’inspecter les préparatifs, d’autres en réglaient l'ordonnance et l’édile présidait à la fête en costume de triomphateur. Les grands dieux conviés à la solennité descendaient du Capitole pour venir prendre place au milieu du peuple ; avant d'entrer au cirque la procession sacrée traverx sait le Forum. Elle était conduite par l'édile curule, monté sur un char traîné par quatre chevaux blancs ; les sénateurs et tous les magistrats accompagnaient la pompe triomphale. Un jour qu’Augusle était malade, il n'en suivit pas moins le cortège; on l'y porta couché dans sa litière *.

Après les sénateurs venaient les jeunes gens de quatorze à quinze ans jugés dignes d'assister à la cérémonie : les uns à cheval, rangés par escadrons, les autres par compagnies et à pied; tous dans un si bel ordre qu’ils semblaient se rendre à leurs exercices. Spectacle admirable qui pénétrait de respect les étrangers en leur faisant voir quelles ressources la république trouverait bientôt dans ces jeunes gens, qui allaient être des hommes2. Les cochers suivaient en costume de guerre, conduisant des chars attelés de deux et de trois chevaux. Il n’y avait jamais moins de cent chajrs, appartenant aux quatre' faclions, dont les cochers se distinguaient à la couleur particu-' liôre de leur tunique, si bien que la beauté des chevaux et l'élégance des costumes, faisaient de leur marche seule un spectacle attrayant. On voyait à la suite une troupe d’athlètes vigoureux, nus et prêts au combat ; puis trois groupes de danseurs d’Ages différents, hommes, jeunes gens et enfants; deschœursdc musiciens les accompagnaient. Le costume des danseurs ôtait une tunique écarlate, serrée avec une ceinture de cuivre; ils

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