De Fcsccnoia, ville d’Élnirie
improviser les farces vigoureuses où revivaient la gaieté rustique et l’humeur gaillarde des vieux Romains ; ce qu’ils faisaient -sans rien perdre de leur considération
L’an de Rome 514, plus d’un siècle après la mort d’Euripide, et cinquante-deux ans après Ménandre, les Romains furent initiés à l'art scénique des Hellènes par un esclave de Livius Salnitor, Andronicus, poêle et Grec de naissance. Mais leur caractère national avait un cûté pratique et arrêté peu en rapport avec l’esprit ingénieux des Grecs, amoureux de fictions. Sur les cinq jours consacrés d'abord aux grands jeux,;, quatre furent donnés aux combats du cirque, et le cinquième aux divertissements de la scène. Le cirque était en permanence^ depuis les Tarquirfte; mais le théâtre fut provisoire, les jeux célébrés, on le démolissait. Le grand Pompée, au moment de sa toute-puissance, fit bâtir le premier théâtre permanent. Il trompa le sénat, disant qu’il élevait à Vénus un temple audessous duquel on avait pratiqué quelques gradins pour les spectacles; or, les gradins contenaient vingt-sept mille spectateurs, et le temple qui s'élevait au-dessus, n’était pas plus grand que la loge impériale du 'cirque.
La forme extérieure du monument était un hémisphère de cinq cent cinquante pieds de diamètre, dont la façade arrondie se composait d’arcades superposées avec une statue dans chacune d’elles; entre les arcades on voyait devant des pilastres, de grandes colonnes en marbre rose. A l’intérieur du théâtre des gradins en pierre entouraient, à une hauteur de cinq pieds, l’orchestre en hémicycle, et se développaient en autant de lignes concentriques et superposées, s’élargissant jusqu’à la galerie du haut. Elle était soutenue par des colonnes du côté
1. Nam ncque Inbu morclur, neque a militaribus slipendiis rrpcllitur Vai.ère Maxime, Iit. II, ch. iv.
de la scène et fermée au dehors par le mnr extérieur. Ceito montagne de pierre posée sur des voûtes était percée, à des distances régulières, d'escaliers et de portes donnant sur les gradins en face des spectateurs; immédiatement après Torches* tre, s’étendait la scène, ornée de colonnes, de statues, et de toutes les splendeurs de l'architecture. Trois grandes portes s’ouvraient au fond et jaissaietft la perspective fuir dans le ciel. De ce côté l'édifice était entouré de jardins, de portiques, de bois sombres, pour éloigner les bruits et les rameurs vulgaires du sanctuaire des beaux-arts.
A côté du théâtre Pompée s’élevèrent, dans les mêmes con* ditions, ceux de Balbus et de Marcellus : les chefs-d’œuvre de Plaute et de Térence, qu'on avait joués sur des scènes splendides mais provisoires, prirent possession de ces monuments. Ce fut des Scipions & Auguste, la grande époque de la littérature dramatique chez les Romains. Les comédiens en renom étaient honorés et comblés de richesses. Roscius recevait du trésor public mille deniers par jour, sans compter.ee qu’il gagnait ailleurs. Le tragédien JSsopus, un prodigue effréné, qui sfi. faisait servir des plats estimés dix-huit mille francs de notre monnaie, laissa pour héritage à son (ils vingt millions de sesterces après uje vie de dissipation. L’importance qu'ont aujourd’hui les hommes d'argent, les hommes de talent l'avaiént alors. Roscios vivait dans la familiarité do»Sylla, qui le décora de l'anneau d'or des chevaliers. II fut l’ami et le maître de Cipô* , ron, dont il perfectionna l'action oratoire. L’orateur romain osa reprocher un jour au peuple-roi qui l’écoutait, d'avoir poussé des cris et troublé Roscius pendant qu'il était én scène. Le discours de Cicéron est perdu, mais le fait de l’admonestation est certain* .