Dion Camus, liy. LXI, cb. xvii. j
Au lieu d'insister, il est à propos de juger la. conduite de Néron et de pénétrer les motifs qui ont poussé le jeune empereur sur la scène. Après les guerres séculaires, les conquêtes accumulées et les guerres civiles, le peuple romain fut saturé de gloire militaire, de triomphes et de combats. Bientôt il préféra ses mimes à ses généraux. Eutique et Spiculus le préoccupaient beaucoup plus que Suétonius et Corbulon. Même avant cette époque des Césars, les villes de la grande Grèce avaient témoigné de leur aversion pour la guerre et pour les agitations politiques; leurs habitants, adoucis par le climat, préféraient les plaisirs de la paix aux joies de la domination et à la gloire des armes; les Tarcnlins surtout. Ils négligeaient d écrire leur histoire pour perdre le souvenir des malheurs et des crimes de la cité. Le nom des princes qui les avaient gouvernés était resté dans l’oubli; mais ils avaient gardé la mémoire des comédiens et des chanteurs éminents, persuadés que nous devons plus de reconnaissance à l’artiste qui nous charme qu’au tyran qui nous effraie. Les Romanis de l’empire étaient à ce propos de véritables Tarentins. Caligula s’indignait de les voir se passionner pour un gladiateur, au point d'oublier la présence de César et de lui manquer de respect'. Sous Néron les cabales des pantomimes avaient divisé le Sénat et le peuple, ensanglanté le théâtre, et motivé le bannissement de ces comédiens. Néron chercha le bruit et la gloire où ils étaient alors. Il eut quelque raison de croire que la vogue du comédien ajouterait à la popularité de l’empereur.
Aujourd'hui c'est un grand avantage pour les souverains qui ont l'honneur de commander aux. nations chrétiennes, de n’avoir qu'à s’élever pour être populaires, cl d’augmenter leur