Martial, liv. IV, èpigr
3. Esquisse de Rome chrétienne, i.’abdé Gebbét, t. I, p. 290.
MK DE NÉRON
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ce qui attire les regards et les respects, ni la noblesse, ni le génie. Nous savons par la tradition que l’extérieur de Pierre était simple et presque rustique ; cet homme qui avait dans la main tous les cœurs et tous les trésors, qui représentait Dieu sur la terre et qui guérissait les malades en les touchant de son ombre1, fuyant la gloire, ignorant le repos, accomplissait les plus grandes choses simplement et sans bruit, comme ud * manœuvre fait sa journée. En prêchant l’Évangile, lui et ses disciples s'occupaient à divers métiers, les uns à travailler la terre, les autres à pécher, d’autres comme saint Paul à faire des tentes, car ils ne voulaient ni rester oisifs ni être à charge à leurs frères4, ils servaient et n’étaient point servis; saint Jean Chrysoslôme affirme qu’ils avaient donné la liberté à leurs esclaves. Pierre était vêtu d’une simple tunique et d'une sorte de blouse pénula, par-dessus il portait un manteau, pallium. Ses cheveux crépus ainsi que sa barbe formaient une couronne autour de sa tête chauve. Le visage pâle et grave de
l'apôtre avait une ineffable expression de bonté; mais ses yeux, toujours pleins de larmes, trahissaient une profonde douleur. Ni le temps, ni le repentir, ni les travaux n’avaient pu l’en distraire. Il se souvenait d'avoir renié son maître et il ne pouvait se consoler.
Dès que la famille chrétienne fut constituée à Rome, Pierre en abandonna la,direction à ses Coadjuteurs pour aller ailleurs continuer son œuvre. Il parcourt l’Italie et les provinces occidentales de l’empire, revient en Orient et passe sans éveiller l’attention comme s’il ne voyageait que de nuit. Cependant la
t. On apportait les malades dans les rues... pour que Pierre venant à passer, son ombre du moins touchât quelques-uns d'entre eux et qu'ils fussent délivrés do leurs maladies. Actetdei apAtret, ch. v, verset 15. î. C.onslilu'.iuni "i oslolit/u s, liv. Il, ch. lxiii.
divine semence qu’il avait jetée fructifiait dans Rome sur les sept collines. Ses coadjuteurs, humbles comme lui, ne cherchaient pas à se faire admirer; modestes témoins d’un maître méconnu par les Juifs, ils livraient au jugement des hommes leurs personnes et leur conduite. On ne les voyait pas s'insinuer chez les grands pour courir après les héritages, le menu peuple, les infirmes et les pauvres ôtaient l’objet de leur prédication. Ils disaient que l’esclave et le patricien sont frères et enfants du même Dieu.
Ils annonçaient la résurrection des corps et l’immortalité de l’homme tout entier. Ils disaient le travail saint et les épreuves de la»douleur salutaires. Ils apprenaient au dernier des esclaves des vérités sublimes, à peine entrevues par le génie de Platon, et leurs exemples le conviaient à des vertus ignorées des héros et des sages. Ces vérités et ces vertus n’étaient pas la conquête de leur intelligence, mais le testament du maître qui lesavait instruits. Le maître se disait fils de Dieu, opérait des miracles et parlait comme ayant la puissance. Crucifié par les Juifs, il était sorti de sa tombe le troisième jour et il était monté aux cicux. Ils avaient mission d’annoncer par tout le monde la bonne nouvelle, de souffrir la persécution jusqu’à la mort pour ce maître absent, et de lui constituer sur la terre un royaume encore plus vaste que l’empire romain.
Quand ils avaient annoncé ces vérités, blessantes pour l’esprit comme pour le cœur des païens, et dénuées de toute vraisemblance, ils en précisaient le sens dans leur conduite en rapprochant l’exemple du précepte. Ils substituaient à la doctrine aride l’attrait irrésistible des bonnes actions; et par la pratique facile des plus sublimes vertus, après avoir nspirô le désir de les croire, ils donnaient la force de les miter. On les voyait départir à tous les vérités nouvelles,
sans jamais exiger le prix de leur enseignement, ce que faisaient les grammairiens et les philosophes. Ils distribuaient, au contraire, leurs'deniers aux pauvres et donnaient aux malades leurs soinsjissidus. La vie de ces étranges sectaires était irréprochable. Les curieux qui cherchaient à connaître le mystère de leurs réunions secrètes, ne trouvaient rien de répréhensible dans leurs mœurs, comme il arriva plus tard â Pline le Jeune, quand il voulut être renseigné sur leur compte*.
La multitude des croyants n’avait qu’un cœur et qu’une âme ; ils vendaient leurs terres et leurs biens pour en distribuer le prix aux frères selon les besoins de chacun1* Nul ne considérait ce qu’il possédait comme étant exclusivement â soi, et toutes choses leur étaient communes1. Ils se réjouissaient en abandonnant leurs trésors parce qu’ils en recevaient de plus grands. Quel plus grand bonheur, en elïet, que de vivre dans une société d’amis et de frères où personne ne craint ni l'envie, ni la haine, ni les reproches, ni le dédain 1 Ils se laissaient . /
conduire comme des enfants : Point de duplicité, point de malice, point de débats intéressés. Pendant le repas, pendant la prière, pendant les travaux, la charité leur inspirait une douce joie; chacun regardant comme à lui ce qui était à son frère, le riche était sans faste et le pauvre sans confusion *. On les voyait vivre et se réjouir comme dans un rayon de la félicité céleste. Ces mœurs pures, des miracles de dévouement, le don de prophétie et les illuminations de la foi, faisaient de la
1. Nihil aliud inveni quatn superstitionetn pravaio et iniinodicam. Punk le Jeune, liv. X, ch. xcm.