‹ NéronChapitre 93 sur 205 · Pline. Mit. nat., liv. V, ch. xv · texte numérisé non relu

Pline. Mit. nat., liv. V, ch. xv

Rome sans déguisement et sans crainte, quand ils nous décrivent arec tant d'exactitude les solitaires cachés dans les déserts ? On ne saurait prétendre, néanmoins, que les ministres de Néron, Burrhus et Sénèque, sc soient intéressés à Paul et que la justice de sa cause ou sa doctrine sublime lésaient rapprochés de lui. Il faudrait connaître bien peu les hommes purement politiques pour le croire, et ne rien savoir de leur mépris profond pour tout ce qui ne sert pas leurs intérêts; que leur importe la justice et qu’ont-ils à faire de la vertu? Il faut que la vérité les prenne à la gorge et qu’elle devienne une affaire pour qu’ils daignent l’honorer de leur attention.

Mais, quels étaient ces chrétiens de la maison de César, qui saluaient leurs frères de Philippcs par l’entremise de Paul ?... Saint Jean Chrysostôme nous parle d’un ôchanson et d’une concubine de Néron que l'apôtre aurait comme dérobés au prince pour les élever à la dignité chrétienne’. La concubine est, peut-être, cette esclave achetée en Orient qui avait inspiré le premier amour de Néron, cette belle Acté qu’il voulut épouser d’abord et qu’il négligea plus lard. Elle fut absente des prospérités de son règne, etquand il devint l’objet de l’exécration publique, on la retrouva près de son bûcher. Ce dévoûmentà la mémoire et au malheur d’un proscrit mérite bien qu’on la soupçonne d’avoir été chrétienne.

Pomponia Grœcina, dont la vertu étonne le stoïcisme de Tacite, nous est aussi donnée par tous les historiens ecclésiastiques comme le fruit des prédications de Pierre. On ne connaît pas de figure, entrevue dans le demi-jour de l’histoire, qui s’entoure d’un charme plus mystérieux et qui exprime une plus douce gravité. Elle était femme de Plautius, vainqueur des

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