‹ NéronChapitre 94 sur 205 · I. Saint Chrysoatome. Homclic 46, sur \e& Actes des Apôtres · texte numérisé non relu

I. Saint Chrysoatome. Homclic 46, sur \e& Actes des Apôtres

Bretons sous Auguste; on l’accusa de superstitions étrangères, et un tribunal de parents, présidé -par le mari, eut à la juger • selon les lois. Ici, la majesté romaine se retrouve jusque dans le foyer. L’aiïaire mûrement examinée, l’épouse fut renvoyée de la plainte et reconnue irréprochable par le mari. Julie, fille de Drusus, était liée avec Pomponia de la plus sincère amitié; elle mourut victime des embûches de Messaline : depuis ce jour, Pomponia porta le deuil et resta sous une impression de tristesse que rien ne put faire cesser. On la vit, pendant quarante ans, aussi recueillie dans sa douleur qu’au lendemain de la mort de Julie. Ce lui fut un danger, sous Claude, et plus tard une gloire. Il est naturel de penser que la superstition étrangère qu’on lui reprochait, sans avoir rien à blâmer dans sa conduite, était le christianisme. Là, seulement, elle avait pu trouver le charme inépuisable de sa tristesse et la consécration de sa douleur '.

Les grands résultats, obtenus par la libre prédication de Paul, jusque dans le palais des Césars, sont hors de doute; mais il serait téméraire d’affirmer sans preuvequels furent parmi les grands personnages alors en évidence, ceux que l’apôtre conquit à la vérité. Les témoignages considérables qui s’élèvent en faveur du christianisme de Sénèque, depuis les premiers siècles jusqu’à nos jours, nous feraient souhaiter d’être assez convaincu pour accepter ce fait en compagnie des plus grandes autorités. On oserait l’affirmer presque quand ou considère avec quel à-propos et dans quelles circonstances favorables la vérité lui apparut; ce qu'on dit ici de Sénèque peut s’appliquer à Burrhus, aux stoïciens, à Thraséas lui-même et à ses amis, surtout à cette malheureuse Cctavie, seule et délaissée

Page 1