‹ Néron, sa vie et son époqueChapitre 122 sur 215 · I. Hune. //!»(. nul., liv. XXXVII, cli. ni · texte numérisé non relu

I. Hune. //!»(. nul., liv. XXXVII, cli. ni

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nommaient vases raurrliins. Néron possédait une coupe de celte matière, achetée par lui trois cents talents, c’est-à-dire (1,470,000 fr.), et doux petites coupes de cristal blanc et transparent aussi délicates que nos verres de mousseline Sur un socle de marbre précieux était posée une statue de quinze pouces de haut, en jaspe enfumé, et représentant Néron portant une cuirasse. On y voyait aussi, probablement, le Sôrapis taillé dans une seule émeraude et la statue en topaze offerte à la reine Arsinoë. Dans cette même chambre la lyre d’or du prince était précieusement renfermée au milieu des couronnes que le grand artiste avait obtenues dans les concours de musique, d’éloquence et de poésie.

Au centre de ces appariements somptueux s’élevait à une grande hauteur un dôme représentant le Ciel. C’était la salle à manger de Néron, et scs architectes en avaient fait la pièce la plus remarquable de son palais. A cette coupole, qui figurait la voûte céleste, des astres d’or et de diamant se levaient, se couchaient et suivaient une marche réglée. Fixés à des lambris tournants, ils faisaient le jour et la nuit et reproduisaient le cours du soleil et des astres avec tous les accidents d’ombre et de lunjjëre -. Des indications précises, mais incomplètes, fournies par Suétone, il est permis de conclure que Néron, artiste éminent et prince magnifique, avait convenablement disposé toute la salle pour la mettre en harmonie avec cette voûte merveilleuse. Tandis que le ciel roulait sur sa tète, à ses pieds s’étendait l’image de l’enfer, les noires grenouilles du Slyx et tout le royaume de Pluton. C’était une vaste composition se développant comme un poème dans le goût de la

1. Pline. //«(. nn/., liv. XXXVll, cli. vu, parag. 3. i ScÉToVE. Nh'on. ch. xxxi.

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grande mosaïque du temple de la torlune à Prcnesle*. Les plans topographiques étaient déjà connus à Rome sous Claude et môme du temps de Jules César. 11 est probable que Néron, à qui l’on avait présenté une carte de l’Éthiopie^, fit peindre sur les murs do la salle à manger, les terres et les mers des trois parties du monde connu, le cours des fieuves et les grandes cités. Ainsi placé au milieu de ces tabeaux, où chaque province était représentée, avec les produits du sol, les animaux, les habitants et leurs costumes particuliers, il parcourait d'un regard son immense empire; et toutes ces contrées lointaines, rapprochées de lui par la magie des arts, il les avait sous la main comme un

dieu.

Toutefois il faut bien se garder de croire que Néron fût émerveillé do ces prodiges et qu’il s'arrêtât avec satisfaction à contempler son œuvre. Son imagination fusait la réalité et ses désirs allaient toujours [dus loin que scs regards. La première fois qu'il entra dans la Maison d or, il se contenta de dire après avoir tout vu : . Me voilà logé comme un homme’. »

Au milieu du parc et des jardins s'étendaient des lacs d’eau salée où nageaient des poissons de mer. l’Ius loin, tous les monstres de l’Iode et de l'Afrique, renfermés dans de grandes ménageries, attendaient les combats du cirque. Les vieux chevaux de Néron, ceux qui avaient remporté le prix dans les courses, étaient pensionnés et nourris dans des écuries magnifiques; ils avaient des couvertures ornées

1. Exvluation île la Mosaïque de Prenesie, par rabW Uarllifleiny. Mémoires de VAcademk des luseriptiims cl Oelles-Lellres. i. l*uisE. Ilist- 'iv- XU. 'I", pariig. 2. a. SiÉTONE. Méron, ch, xxxi.

Vlli Üli Nf;RON

de pourpre comme la loge des sénateurs. Au milieu des prairies, s’élevaient (Jes volières aussi grandes que des maisons, pour les oiseaux rares venus des pays éloignés. On y voyait le palais d’un singe que Néron aimait passionnément et qui avait des esclaves à lui pour le servir. A côté s’étendaient les appariements d'Asturcon, le cheval favori du prinefi;. mais ce qu'il y avait de [dus nouveau et de plus singulier parmi tant d’inventions, c’était d’avoir en- . fermé dans les jardins et dans l’enceinte d'une ville, des champs, des forêts obscures et des solitudes peuplées de bêtes fauves. L'art de teindre la toison sur l’animal vivant était alors connu, et Néron dut se plaire à voir des moulons de diverses couleurs errer par troupeaux dans ses prairies Des cours d’eau avec des moulin.s, des vignes et des moissons oITraient leur aspect agreste et inattendu, et ce contraste donnait plus de prix aux merveilles de l’art et aux œuvres de la nature ainsi rapprochées. L.à, s’élevait dans une campagne le temple de Sé'ia, qui préside aux moissons. Il était construit avec une pierre extraordinaire qu'on venait de découvrir et qu’on n’a pas retrouvée depuis. « Sous le règne de Néron, dit » Pline, on porta de la Cappadoce à Rome, une pierre blanche, » dure comme le marbre, et transparente mémo dans scs veines

• colorées. Néron construisit avec celte pierre le temple de

• Scia. La porte et les fenêtres fermées, on avait dans ce I temple le jour du dehors, non comme avec la pierre spôcu- » laire, car ici la lumière au lieu d’être transmise parai.«'sait

• être renfermée*. »

On retrouvait dans la disposition dos jardins de Néron

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