I. Pi.i-(E. Hitl. nal., liv. XIV, ch. viii, paraf î
VIE DE NERON
qualili de ce vin fut irrcvocablcmeiit perdue. Ainsi, malgré ces grands projets, Néron ne relira aucun profit ni de son dévouement au peuple, ni de ses prodigieux efforts pour le secourir. La conspiration dePison, toujours en permanence, s'étendait insensiblement à toutes les classes, pénétrait jusque dans le prétoire et entretenait les calomnies répandues contre le prince. Ainsi placé entre les prétoriens mécontents, les sénateurs stoïciens irrévocablement hostiles, et l'immense multitude des chrétiens étrangers à sa fortune, Néron ressentit les premiers frissons de l'isolement. Les souverains en éprouvent de pareils quand les nations se retirent d'eux, et que dans leurs palais, encombrés de richesses, règne cette misère morale que Tacite appelle la disette de la vérité, inopia veri^. L'empereur revint alors avec un nouvel acharnement à son projet de découvrir les incendiaires et de sc justifier par leur châtiment. Les chrétiens lui furent désignés, et tout à coup prêtres et philosophes, ^Dateurs et lettrés, étrangers et citoyens, se levèrent à la fois pour accuser, pour maudire et pour lui livrer un peuple innocent.