PREMIER AMOUR DE NÉRON
Raisons qu’avait Agrip,»ine pour faire épouser Oclavie à Néron. — Répugnance do Néron pour Oclavie. — Il aime Acléaveo passion. — I/ausièro Sénèque favorise cet amour. — Colère d’Agrippine. — Néron veut abdiquer et SC réfugier à Uiiodes; .S*û»èque le relient. — Agrippine pas.se de l’aigreur à la complaisance. — Néron lui fait voir qu’il est le maître. — Agrippine, indigtiée, se déclare pour Britannicus. — Néron comprend le danger qui le menace. — Los conseils flatteurs de Sénèque, Tobéissancc de Tunivers l’égarent. — La mort de Britannicus esl résolue. ^
Quand Agrippine donnait pour femme A son fils la fille de son mari, elle s’applaudissait de son adresse A éluder les lois pour le succès de sa politique, mais en réalité elle préparait de ses mains le piège où son habileté viendrait bientôt se prendre. Néron avait épousé Octavie avec répugnance, il la négligea dès le commencement de leur union. Scs amis le lui reprochaient quelquefois, et Néron répondait plaisamment que les ornements matrimoniaux devaient lui suffire. Il la comparait aux généraux qui, n’ayant vaincu qu’à demi, oblenaientseulement les ornements du triomphe. Les historiens ne disent pas qu’Octaviefùt belle, ils neparlcntquedesa vertu ; mais A ne considérer que l’éloignemènt de Néron pour le lit
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VIF. f)E NÉRON
conjugal, on pourrait supposer qu'elle avait quelque cliose des infirmités et de l’imbécillité paternelle. Agrippine, d’ailleurs, était femme à tenir compte du peu de beauté de sa bru pour n’avoir pas à craindre une rivale. La présence d'Octavie, qu’elle gardait prés d’elle comme un otage, fut pour Néron un nouveau motif de les fuir pour échapper à ce double ennui.
Il y avait alors à Rome une jeune alTranchie d’une beauté remarquable; elle était originaire de l’Asie où des marchands d'esclaves l'avaient achetée. Néron la vit et l’aima éperdument. Elle se nommait Acté. Le premier amour du jeune César, dont la générosité ne s’arrêtait pas aux préjugés et à la coutume, parut si véhément qu’on n’osa pas y faire obstacle. Sénèque favorisa môme cette première inclination et joua dans cette affaire un assez vilain rôle. Burrhus et loi pensèrent qu'en tolérantces distractions prévues et cette immoralité vulgaire, ils préviendraient de plus grands excès. A la sollicilation de Sénèque, un de ses amis consentit à se dire amoureux d’Aclé pour aider au bonheur du jeune prince et à prêter sa maison pour favoriser les rendc/.-vous des deux amants ' . • Voilà un sage précepteur que ce Sénèque ! • s’écrie Voltaire, f quel philosophe!... ’ »
Le bon naturel de Néron se fit voir dans cette circonstance. Son amour pour Acté fut loyal et courageux. Ainsi que tous les grands cœurs l’ont rêvé, il voulut placer sur le Irône l’objet do scs adorations, et se rattacher par un légitime mariage. Iles amis obligeants préparèrent une généalogie pour démontrer qu’Acté descendait des anciens rois de Pergame; Néron ne se contentait pas de la préparer aux splendeurs de l’empire, il voulait rattacher la famille d’.Vcté aux origines de