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lie ce lem|>s. Au llictUre il alliiit aussi jircnJcf s;i place dans la
foule, il se passionnait pour les panlomîines qui se disputaient
la faveur du peuple; [layant de sa personne dans les rixes
qu'excitaient ces rivalités, il s’emportait jusqu’à jeter des pierres aux magistrats. *
Parfois, dans ces excursions nocturnes, il rencontrait de rudes adversaires qui le traitaient comme un simple malfai- ' teur. Il rentrait au palais contusionné, le visage meurtri; l’embarras était grand alors quand il fallait le lendemain siéger au sénat ou recevoir les ambassadeurs du roi de Perse. Heureusement qu’il avait pour ces occasions un onguent particulier qui le guérissait presque subitement, lui permettait de se montrer et l’autorisait à démentir les bruits qui couraient sur son compte*. Quoiqu'on doive blâmer Néron de pareils excès, il faut tenir compte de sa jeunesse et lui sa- •voir gré de n’avoir [)as fait intervenir les prétoriens dans ces divertissciuents de mauvais goût. Le sénateur Montan, dont il avait voulu embrasser la femme, l'assomma bel et bien et le laissa pour mort sur la place *. Néron se tint pour battu et l'idée ne lui vint pas de se venger. Malheureusement un apprit au sénateur que l’homme frappé par lui et renversé dans le ruisseau était -Néron Ini-méme. Il eut l’imprudence d écrire à l’emperlur pour lui demander pardon des coujss de bâton qu'il avait eu le malheur de lui administrer. L'excuse parut une ollense; Eh quoi! dit .Néron, cet homme a frafipé César et il vit encore! Le mot revint à Montan qui se tua. Tacite * aQirme qu’il fut'coulraiiitde se donner la mort; üion n’en dit
1. Tliapsia, Ncro C.Tsar clariludincm ci (ledit inilio iinperii. Noclurais grashaüunibus, coiiverücrataiii faciem illinena sibi cuin tliuru coraguo, et scigueiiU die (taulra faiiiam culcm ainceraai circumrrreos. t’Li.N^. HitI, nal. liv. XIII, cil. XLIM.
i. SiKTo.'SE. l ie de Kéivn, cb. xxvi.
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rien Je doute que Néron ail cru devoir, sans nécessité, sacrifier Montai! à la niajeslé impériale. Nous le verrons Lienlét se contenter d’exiler à Marseille Sylla, qu’on accusait d’avoir voulu attenter à sa vie; c’était pourtant la seconde fois qu’il se voyait menacé de ce prétendant.'Quoi qu’il en soit, il est juste de constater l'humanité de Néron, quand on sait que pour lui, l’existence d’un sénateur n'était pas plus sacrée que la vie d’un homme, et que pour les stoïciens du sénat la vie d’un homme n'élail rien.
Néron fit élever dans le Champ-de-Mars un amphilhâtre en bois qui servit de modèle au colyséedes flaviens. Pline-lc-Naluraliste ne dédaigne pas de nous apprendre qu’on utilisa, dans la construction de cet édifice, le plus grand arbre qui ait jamais existé. C’était une poutre de mélèze de cent vingt pieds de long et d’une grosseur uniforme de deux pieds -. Tacite, au contraire, estime que ces détails sont tout au plus dignes d’occuper les journaux. Âurail-il ignoré que ce qui touche aux mœurs d’un peuple a souvent plus d’importance que les événements politiques et la forme des gouvernements?.
Les journaux et les spectacles surtout étaient la vie même du peuple romain. Le grand code des solennités religieuses et politiques, ce furent les spectacles, passion capitale él premier besoin do la multitude. Par eux se- maintenaient l’ascend.ant des .Césars sur le peuple et la suprématie de Rome sur le monde. Quant aux journaux, bien que leur action fût restreinte aux classes élevées, parce qu’il ne sortait des ateliers de copistes qu’un petit nombre de ces feuilles, il n’y avait pas