‹ Néron, sa vie et son époqueChapitre 56 sur 215 · SG · texte numérisé non relu

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Quand Salvius était convié à la table de César, au lieu de prolongerdans la nuit, comme de coutume, le repas, l’entretien, et les divertissements, il se levait pour rentrer chez loi *. Néron cherchait en vain à le retenir. Il ne pouvait rester plus longtemps loin de sa chère Poppée, trop de bonheur l’attendait près d’elle pour qu’il lui fût possible de s’arrêter au Palatin un instant de plus. Parfois il donnait à César des leçons d’élégance et de savoir-vivre, il lui faisait part de ses innovations, et ne craignait pas de l’éclipser. Un jour il apprit à Néron à parfumer ses pieds avant de se coucher sbr son lit de festin. César avait cru lui être agréable en jetant sur ses habits quelques gouttes d’un parfum précieux; le lendemain Salvius invita Néron à dîner, et, dès qu’il entra dans la salle du festin, ce même parfum, abondamment versé par des tuyaux en argent, coula autour des convives sur le marbre des mosa'iqucs

Cependant, Néron, de plus en plus amoureux de Poppée, pressait Salvius de tenir sa promesse ; mais Salvius était heureux, il ne se croyait plus lié par scs engagements. César, dont • tous les droits étaient dans un pacte secret qu’il ne pouvait faire valoir qu’auprôs d’Othon, vit»son ami devenir son rival et tromper indignement sa confiance. En l’absence d’Othon, Poppée refusait de recevoir le prince, il obtenait bien rarement la faveur de voir sa maîtresse, Salvius en avait fait sa femme. Outré de cette perfidie, égaré par son amour, Néron oublia s» dignité; il alla frapper à la porte de son heureux rival, il le fit appeler an milieu de la nuit et le somma d'exécuter leurs conventions. Non-seulement Salvius refusa de livrer Poppée à Néron, mais il ne voulut pas lui permettre de la voir. Il laissa l’empereur SC morfondre au seuil de son palais ; et ce terrible

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