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portaient une èpôe au côté, une lance courte In main : les hommes avaient des casques d’airain ornés d’aigrettes; ainsi vêtus ils dansaient la Pyrrhique ; chaque troupe ôtait conduite par un chorége qui marquait la cadence.
Des chœurs do Satyres et de Silènes venaient après; les Satyres converts de peaux do bouc et coiffés d’aigrettes en poil, les Silènes vêtus do tuniques grossières et velues. Ils parodiaient d’une façon grotesque les danses sérieuses, au son d’une musique adaptée à leurs gestes plaisants et à leurs contorsions. Les dieux s’avançaient les derniers, précédés d’un grand nombre de ministres subalternes employés dans les temples. Les statues étaient portées dans des litières on sur des chars attelés de quatre chevaux que des enfants nobles conduisaient parla bride. Ces jeunes écuyers, couronnés d’une branche de chéneornéede perles, élaiontvétusde robes de pourpre et d’or. Les quatre collégesdc pontifes fermaient la marche. Le cortège s’avançait dans les rues jonchées de Heurs, couvertes de grands voiles, entre les temples et les maisons ornées de tentures, au milieu dos parfums brûlés dans des cassolettes d’argent.
Tandis que la pompe triomphale traverse le Forum et le Velabre, tout un peuple enfermé dans le grand cirque attend avec impatience. Do l’Euripe *, qui la sépare de l’arène, è la colonnade qui couronne le monument, la multitude assise sur les gradins de pierre s’agite dans l’immense pourtour; le tonnerre des vociférations gronde dans la vallée .Murcia au-dessous du Palatin calme et dominateur. Le moment est solennel. Tous les regards sont ramenés vers l’arène que la poudre de
1. L'Kuripe était un canal assez large qui entourait l'arène du grand cirque |siur mettre les rangs les plus bas des spectateurs, hors de l'atteinte dts animaux.
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pierre spéculaire fait briller comme une prairie couverte de neige. Sur celle grande scène et sur ce sol uni, qu’aucun pas, aucune goutte de sang n'ont encore tachés, se développe la pompe triomphale et ai'paraît enfin la statue d’or de la Victoire aux ailes d’or. Cent cinquante mille spectateurs se lèvent à la fois; ils accueillent avec des cris d’enthousiasme la compagne fidèle de leurs longs travaux, la complice séculaire de leur empire.
Aussitôt que la procession sacrée a fait le tour de l’arène, on offre un sacrifice aux dieux, leurs statues sont placées ou sur la Spina, large mura hauteur d’appui qui sépare l’arène dans sa longneiir en deux parties égales, ou dans le Pulvinar, petit temple qui leur est destiné. Los magistrats, les sénateurs cl les vestales montent sur la plate-forme qui s’élend au-dessus des carcères. Les jeux vont commencer.
L’édile curulc lient une pièce d’étoffe rouge roulée dans sa main. Il lance vers l’arène ce lambeau de pourpre qui se déploie dans toute sa longuenr, comme le jet de sang d’une blessure; c’est le signal. Les trompettes sonnent et quatre chars, renfermés dans les carcères, s’élancent dans l’arène d’un seul mouvement.
La première journée suflisaii à peine à la course daî chars : les jeux qu’on donnait au peuple duraient parfois trente, qu.iranlc, jusqu’.à cent jours. Impossible de décrire avec détails ces divers genres de spectacles, les rivalités des cochers, les courses des sauteurs qui voltigeaient sur plusieurs chevaux, les luttes des athlètes, les combats sanglants des gladiateurs, par couples cl par troupes, à pied cl à cheval. Deux chami)ions s’élancent sur les écailles d’airain de la tortue que trente de leurs compagnons forment au-dessus de leurs tètes en joignant leurs boucliers. Leurs pas font retentir ce terrain mobile et dur tout
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composé d'arnmres, et leur sang arrose-bienlôl ceux qui ont porté le combat. A ces duels succédaient de vraies batailles et de longs égorgements entre des troupes de gladiateurs. Les bestiaires combattaient les animaux férocas; les Thraces à cheval venaient chasser les taureaux .sauvages; les éléphants, chargés de tours garnies de soldats, étaient assiégés comme des citadelles. On prodiguait an peuple romain les douleurs et l’agonie, on le rassasiait de sang. De moments en moments des pigeons enfermés dans des cages étaient mis en liberté: ils s’élevaient dans le ciel à une grande hauteur, hésitaient un instant pour s’orienter, puis ils parlaient comme un trait vers un point de l'borixon. Ils allaient au delà des mers annoncer au patricien retenu loin de Rome la victoire de son esclave ou de son cheval.
De tousjes coins do l’univers les bétes les plus féroces et les plus grands criminels étaient envoyés dans la ville éternelle pour s’y livrer un dernier combat. L'océan était dépeuplé de ses monstres ainsi que le désert, car la naumachie avait ses batailles navales et ses luttes sanglantes qui ne le cédaient en rien aux horreurs du cirque. Ce sont en Orient, dans les sables qui entourent l'Egypte dans les déserts de la .Mauritanie, des chasses continuelles pour alimenter les viviers. On épuise la nature pour assouvir l'insatiable cruauté des Romains qui, sous un ciel clément, passent au théâtre les plus belles journées à voir engorger des hommes et des animaux.
Il est vrai que dans les enlr’actcs, pendant qu'Ovidc vient s'asseoir prés d'une belle jeune fille plus curieuse des courses que de sa galanterie* , et que Martial médite dans un coin une épigramme qui fera peut-être sourire le sombre Domitien, une