I. O'iuE. l^s Amours, liv. lit, Eleg. il
230 VIE DE NÉRON
armôc d’esclaves distribue des rarraidiisscmenls aux frais de l'cnipereur cl se répand dans la foule avec des corbeilles pleines de fruits cl de pâtisseries. De grands voiles tendus audessus des spectateurs couvrent d’ombre celte multitude. De nombreux tuyaux lancent des eaux parfumées qui retombent en pluie fine et odorante; par intervalles on arrose l'arène pour abattre la poussière, eldansune infinité de petits canaux, pratiqués derrière chaque ligne de gradins, on fait coulor des eaux vives qui répandent la fraîcheur. Quelquefois on mettait le comble à la joie populaire par une loterie. L’édile traversait la foule par la précinclion du milieu, sorte de couloir qui courait entre les gradins, et, comme un laboureur qui cnscmciico son champ, il jetait autour de lui, par grandes poignées, de |ictites boules qui portaient chacune un numéro. Ceux qui étaient assez adroits ou assez heureux pour saisir une de ces boules, allaient se présenter chez les intendants du priuce et le lot correspondant à leur numéro leur était délivré. C’élail des meubles, des objets d'art, vases, statues, tableaux;, c’était une somme d'argent, un esclave, des armes de prix; c’était même des maisons cl une villa : la fortune et ses hasards étaient toujours pour quelque chose dans la vie du peuple romain.
Il est donc aisé de comprendre pourquoi les gladiateurs les [)lus braves, les alhlôles les plus renommés, les cochers et les éc-uyers les plus habiles, venaient de toutes parts à Home où les attendaient les plus belles récompenses sur le plus grand théâtre de l’univers. .Martial célèbre dans ses vers la force herculéenne de Carpophore, qui a tué vingt bétes féroces dans un seul jour '. Il est vrai que le plus grand nombre des bestiaires
i. llcrculex laiidis numerelur gloria : plus est Dis üenas pariter perdomuisse fora.«.
Mautul. Des SiteclacUi, cit. \x\.
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