MUSCI.KS Dl TIIONC CIIF.Z LES HYSTÉRIQUES
motnhriiiies restent encore légèrement tendues. Un de ces appareils est appliqué sur le sternum au niveau de Tinsertion de la 4° côte, la bande circulaire passe sous les aisselles et au-dessus des seins. Un second appareil est appliqué sur le ventre au niveau de rombilic. Les deux styles des tambours enregistreurs en rapport avec ces appareils sont bien réglés de manière à inscrire la même ligne verticale quand on les déplace ensemble, le cylindre étant immobile. Les tracés sont disposés pour être toujours lus de gauche à droite dans le sens de la flèche horizontale. Dans mes premiers graphiques, je me suis conformé à la règle de Marey : la courbe doit représenter les oscillations de la colonne libre d'un manomètre en communication avec la source du mouvement, or cette colonne s'abaisserait évidemment pendant l'inspiration pour se relever pendant la période contraire. L'inspiration est donc inscrite en bas, l'expiration en haut. Cette règle repose sur ce principe : « Quand on lit un tracé des mouvements respiratoires on pense naturellement à la pression plus ou moins grande que l'on éprouve dans le poumon, or cette pression monte dans l'expiration et descend dans l'inspiration ^ » Dans d'autres expériences, ayant eu à me préoccuper non de la pression de l'air dans la poitrine, mais du simple mouvement d'élévation de la poitrine ou de l'abdomen en rapport avec d'autres mouvements dans le même sens, j'ai été amené à admettre que toute dilatation, toute élévation s'inscrivait en haut et j'ai inscrit les inspirations dans ce sens. Ce changement de méthode dans l'inscription amène un grave inconvénient que je regrette, c'est de nous donner deux genres de graphiques différents. Pour éviter les erreurs, une flèche verticale indique par sa direction dans quel sens sont inscrits les mouvements d'élévation du thorax ou de 1 abdomen, les malades étant couchés. La ligne supérieure T indique les mouvements du thorax, la ligne inférieure A les mouvements de l'abdomen, enfin les lignes verticales servent il marquer les points du tracé qui sont simultanés, les lignes droites horizontales tracées par le style immobile servent, dans certains cas, de repères pour noter les élévations ou les abaissements delà courbe. Dans la figure i'2 qui représente une respiration normale de 15 respirations par minute on note que l'inspiration et l'expiration sont régulières, sans arrêts et qu'il y a concordance c'est-àdire jiarallélisme complet entre les deux courbes.
l. Maivy, Mcthucle graphique, p. 203.
La figure 43 nous montre les effets d'une contracture incomplète du thorax: les mouvements du thorax sont extrêmement diminués dans les deux sens, une petite inspiration courte existe encore mais l'expiration est lente et diilicile car les muscles intercostaux ne se relâchent pas, la respiration abdominale est au
Fifi. ill. — Graphique de la respiration dans un cas de contracture incomplète des muscles du thorax. T res]iiiation llioracique. A. resp. abdominale. Î3 respirations par minute.
contraire complète et plutôt augmentée, le nombre des respirations est augmenté légèrement, 23 par minute. Dans la figure 44 la contracture du thorax est plus complète et détermine l'immobilisation presque totale ; l'inspiration est prolongée et difficile comme
riîk4
FiG. 4'j. — Respiration dans un cas de contracture plus complète des muscles du thorax. T respiration thoracique. A abdominale.
l'expiration, le rythme est de 22 par minute; la respiration abdominale est forte mais commence à être irrégulière. Ces graphiques rappellent tout à fait ceux qui ont été observés par M, Régnard dans des cas de fracture de côtes où l'on constate également 1 immobilisation du thorax pendant que l'abdomen fait seul les mouvements respiratoires '. Dans d'autres cas de contractures
1. Rcgnard, Variations pathologiques des combustions respiratoires, 1879, p. 168.
MUSCLES nu TRONC CHEZ LF.S IIVST1':UIQUF,S
dos imiscli's (lu (hoiiix, j';ii nol»', outre los modifications précéd(Mites, iiiio ;uigrn<Milatioii coiisldérablo du nombre des respirations ([ui s'élevait jus([u'à 60 par minute.
Voici au contraire dans les deux figures suivantes (fig. 45 et 46) la respiration dans deux cas de contractures des muscles de l'abdomen, c'est la respiration thoracique qui subsiste presque seule avec 24 respirations par minute, assez régulières dans le premier cas, avec l 't respirations très g!'andcs et très irrégulières dans le
Fruf.4 5
Fig. 'iô. — Tracé de la respiration dans un cas de contracture des muscles de l'abdomen. La signification des lettres et dos llèches reste la même que dans les figures précédentes.
Fio. 'il'). — Grapliique de la respiration dans un cas de contracture des muscles de l'alidomon T Respiration thoracique irréguliore. A arrêt presque complet de la respiration abdominale, 13 discordance dos tracés.
second cas. Les mouvements de l'abdomen sont à peu près disparus dans les deux cas, on note dans le second une tendance à des mouvements inverses de ceux du thorax, au point B par exemple, comme si le spasme s'augmentait au moment de l'efFort d'inspiration : cette forme du graphique sera discutée à propos des paralysies. On peut également rapprocher ces graphiques de ceux qui ont été obtenus par M. Régnard dans des cas de péritonite où la respiration abdominale était de même presque supprimée'.