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MESURE PAR LE ÏRWAIL MENTAL

perçoit plus consciemment cpie les sensations les plus fortes ou mieux les plus nettes qui sont au centre et laisse persister les sensations périphériques d'une manière simplement subconsciente. Cet engourdissement d'ailleurs qui amène ce résultat peut porter soit sur les centres visuels eux-mêmes dont il altère les fonctions sans les supprimer, soit sur les centres d'association, dont Flechsig montrait récemment Timportance.

Mais on peut par un artifice spécial mettre mieux en évidence cette inlluence de l'attention sur les limites du champ visuel. Je prépare l'expérience de manière à mesurer le champ visuel pendant que le sujet fait un effort d'attention pour comprendre ce qu'il lit. Pour y parvenir, je dispose au centre du périmètre quelques lignes d'écriture que le sujet doit lire avec attention ou quelques chiffres sur lesquels il doit exécuter une petite opération et je promène en même temps un petit papier blanc sur le périmètre pour déterminer les limites du champ visuel pendant ce travail. Ce procédé qui chez l'homme normal détermine h peine un rétrécissement de 5 h 10", détermine chez quelques malades des rétrécissements considérables. J'ai déjà indiqué plusieurs cas de ce genre, j'en ai depuis observé beaucoup de nouveaux dans des circonstances variées en modifiant l'objet ou le dessin placé au centre du périmètre, en priant le sujet de lire ou de compter les signes ou les chiffres inscrits sur le papier qu'il fixait. Je ne puis les rapporter en détails, le principe avant déjà été exposé, je n'en cite qu un exemple nouveau et bien net. Vel., un homme de 30 ans, ayant des tics de la face déterminés par des idées fixes subconscientes \ présente, quand on l'examine de la façon ordinaire sans attirer trop l'attention au centre, un champ visuel à peu près normal pour chacun des yeux, 85° du côté externe, 60° du côté interne, etc.; si on mesure le champ visuel par le procédé précédent on ne trouve plus pour l'œil droit que 20° dans le sens horizontal et 10" dans le sens vertical, et pour l'œil gauche 10" dans tous les sens: en d'autres termes, Vel. ne voit absolument rien en dehors du mot qu'il lit et qu'il essaye de comprendre. 11 est facile de comparer dans la figure 1 les deux champs visuels obtenus par ces deux procédés différents. On sait que d'autres malades dans ces mêmes conditions deviennent en plus tout à fait

I. L observation <le ce mahule se trouve dans les accidents mentaux des liystcriffues, IS'Jo. [>. 102.

76 LATTKNTION II" I.K C.ii \ l'illnl K DKS TEMPS DE lUvVCTION

;iiirsth(''si(ni(»s sur tout le corps. Quel (|uc soit le rnécarilsme par liMpn-I rdlorl (rallciiliou (U'-tcrniinc cette ancslhésie, cpuiseniont, ralii;ue. direction particiilicre donnée :i l'activité nerveuse, une auesthésie seud)lal>le n Cu est pas moins la nuir([ue trune attention faible e| dillicile et peut servir :i mettre cette faiblesse on évidence. l''n ell'el, il est intéressant de noter que ces phénomènes ne sont pas jx-rmanents chez \ Cl: (^uand son état psychasthéui(|ue s'améliore, ce caractère disparaît et l'attention ne restreint plus le champ visuel (jue de quehjues degrés. Il s'agit donc dans ce cas d'un véritable symptôme clinique qui nous montre bien radaiblissement de l'atli-ntion et le rétrécissement du champ de 1) c

FiG. 1. — Champ visuel de V(;l. A limilc du champ visuel sans ell'ort d'altenlion. B limite du champ visuel au moment il'un ellort d'alleulion pciur additionner des chilIVcs placés au point central du périmètre. Lexpériencc faite successivement sur les deux yeux donne dos résultats analogues.

conscience qui en tlépend et en même temps bien entendu, l'engourdissement cérébral, la dimiiutlion de la (juantilé disponible de force n(>rveuse qui déterminenl ces phénomènes. Je suis très heureux de voir (jue M. Sancle de Sanclis dans un travail fort intéressant' a repris cette e.xpériencc avec; le même résultat et en a tiré comme moi une méthode assez juste pour mesurer l'adaiblissemcnl de l'attention.

Des expériences qite je poursttis depitis quelque lenqis me montrent que l'on [>ourrait peut-être pousser plus loin cette méthode. On définit d'ordinaire le champ visuel en disant (pie c'est l'étendue, c'est-îi-dirc rensemble des sensations visuelles ([ue le

1. Saille (lo Sîiiirlis, liO sliiflio dcll' allcn/.ioiie conaliva. Atli dclla Sucicla Jloinann di (iiilluoiiolD^ia, vul. IV, l'asc. II. 18'.)().

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