Les rêveries subconscientes
Un caractère domine évidemment dans tous les phénomènes étranges qu'a présentés notre malade ainsi que dans ceux qui restent h étudier, c'est l'automatisme mental. Pour les comprendre il est donc nécessaire de rappeler brièvement les études qui ont été faites sur cet automatisme en insistant sur certaines formes compliquées qui dans le cas présent jouent le plus grand rôle.
Il est certainement très difficile de déterminer la nature intime de la volonté humaine, mais on peut en tenant compte précisément des observations fournies par la psychologie pathologique montrer assez nettement quelques-uns des caractères apparents des actes volontaires. L'acte volontaire est d'abord un acte nou" veau, il est constitué par une combinaison d'idées et d'images en rapport avec une situation présente qui ne s'est pas encore présentée exactement de la même manière. La volonté, c'est l'adaptation continuelle de nos idées et de nos actes au milieu physique et moral dans lequel nous sommes plongés et qui change incessamment, et l'acte volontaire est constitué par cette synthèse nouvelle des phénomènes psychologiques nécessaire pour l'adaptation h des circonstances changeantes'. On peut encore observer dans ces actes un second caractère sur lequel les philosophes ont déjà beaucoup insisté. L'acte volontaire est un acte personne/, dans lequel notre personnalité avec l'ensemble des sensations, des souvenirs, des tendances, en un mot avec le caractère qui la constitue joue un rôle prépondérant. « La dernière raison du choix volontaire est donc dans le caractère, disaitjustementM. Ribot, c'està-dire dans ce qui constitue la marque propre de l'individu au sens psychologique et la difTérencie de tous les autres individus de son espèce". »
Nous avons essayé de préciser ce caractère en montrant l'importance de la conscience personnelle dans les actes volontaires'. Ces actes non seulement dépendent de notre personnalité, qui
1. Pierre Janel, Étude sur un cas d'aboulie et d'idées fixes. Revue philosophique, mars 1891, p. 268. Chapitre i de cet ouvrage.
2. Th. Uibot, Los maladies de la volonté, 1883, :]0-148 (Paris, F. Âlcan).