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INFLUENCE DE L\ SUGGESTION

bulique par la suggestion que fait l'hypnotiseur pendant le somnambulisme. C'est la première interprétation et la plus simple en apparence des phénomènes que nous étudions. Certaines améliorations ont été suggérées au malade : s'il marche, s'il n'a plus d'attaques c'est parce qu'il obéit h un coniniandement. De là résulte le bien-être qu'il éprouve, et s'il revient au bout d'un certain temps, c'est pour demander qu'on lui fasse de nouvelles suggestions. Il y a dans cette interprétation une certaine part de vérité. J'ai essayé dans une série d'expériences de constater la relation étroite qui existe entre la suggestion et l'influence somnambulique, et je crois pouvoir montrer que dans une certaine mesure ces deux phénomènes sont parallèles, qu'ils s'accompagnent et disparaissent en même temps.

On sait que la suggestion dite posthypnotique s'exécute un certain temps après le somnambulisme, soit à un signal déterminé, le point de répère, soit après une période plus ou moins longue calculée subconsciemment parle sujet. Mais quelle est la longueur de cette période, pendant combien de temps la suggestion posthypnotique peut-elle se conserver dans l'esprit du sujet? Ce point ne me semble pas avoir été étudié avec assez de précision. Beaucoup d'auteurs ont signalé à titre de curiosité des suggestions très prolongées qui ne s'exécutaient qu'après cent jours, deux cents jours, un an. J'ai constaté sur bien des sujets, en particulier sur cette somnambule que j'ai décrite autrefois sous le nom de Léonie, bien des faits semblables. Je lui faisais une suggestion pendant le dernier somnambulisme avant son d(''part, suggestion qui ne s'exécutait qu'un an après, au moment de son retour. Il est dans ces cas assez inutile de préciser exactement le nombre des jours, car, chez certains sujets et dans certains cas, la durée d'une sug^orestion semble indéfinie. Léonie exécutait encore très correctement au premier signal et d'une façon subconsciente des suggestions qui lui avaient été faites trente ans auparavant par M. le D'" Perrier (de Caen), son premier hypnotiseur. Mais il faut bien savoir que cette prolongation est un fait particulier à quelques sujets et dans certaines conditions, et que ce n'est aucunement une loi générale de la suggestion.

Pour étudier la fréquence du phénomène et ses conditions j'ai disposé l'expérience de la manière suivante. Pendant l'é-tal de somnambulisme, au moment, constaté antérieurement, de la |)lus grande suggestibilité, je donnais au sujet une série de suggestions

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il(>v;iiil rire oxi-ciilrcs à diverses dates de plus en plus éloignées. j*ar exemple, irninédiatcment après le r('>veil, le sujet devait déehiier un morceau de papier plaei- sui' la table ; le lendemain il devait écrire une lettre; deux jours ou huit jours après il devait chercher une personne el lui dire un mot convenu, (>tc., etc. Dans d'autres cas je me suis borné à commander la continuation indéfinie d'un même acte: tous les jours le sujet devait me saluer d'une certaine manière ou faire un certain détour pour entrer dans la salle. jNIais la première forme de l'expérience m'a paru plus intéressante et je l'ai répétée sur plus de trente somnandiules. Pour nue celte expérience ait toute sa valeur il faut prendre certaines précautions, il faut éviter d'endormir de nouveau le malade avant l'exécution des suggestions, car un nouveau somnambulisme contribuerait nécessairement ;i rappeler et à répéter les commandements donnés; il est même bon que le sujet livré à lui-même et observé à son insu ne voie plus son hypnotiseur.

En procédant de la sorte j'ai constaté certains cas curieux de prolongation de la suggestion: Rose, après avoir quitté l'hôpital sans être de nouveau endormie et sans me voir, a exécuté régulièrement des suggestions pendant quatre-vingts jours, et ce n'est qu'après cette longue période qu'elle a cessé d'obéir et qu'elle a commencé à m'oublier, mais dans mes observations des cas de ce genre sont tout à fait exceptionnels.

Beaucoup plus nombreux sont les sujets qui exécutent seulement les suggestions les plus prochaines; ils accomplissent très bien l'acte qui doit être fait au réveil, à la rigueur celui qui doit être fait le lendemain matin, et c'est tout; les autres suggestions pour les jours suivants, (pioi([ii<' avant (Hé acceptées de la même manière, sont complètement sans ellet.

Knfin la plupart des autres sujets exécutent bien des suggeslions dont l'échéance est reculée à huit jours, quinze jours ou inêiuc un mois, mais ne dépassent point ces dates. Chose curieuse, la date la plus (doignée reste approximativement la même pour cluupie sujet au moins pendant une certaine période de sa maladie; B... ne peut ex<''(ut('r ([ue des suggestions avec didaimaximum de tiMtis jours, tandis que Justine exécute bien des suggestions (loiil rechéance est reculée à six semaines.

Ce fait (h'pend de bien des conditions, en particulier de \\'-\;\l de la nx-moirc et particulièrement de la nuMiiolre subeonsciente ; mais h; fait inqiortanl ;i relever ici c'est que cette période pendant

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