‹ Nérvoses et idées fixesChapitre 190 sur 326 · INTRODUCTION VU · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VU

grand avantage sera de nous faire échapper, dans la mesure du possible, aux dangers de la culture psychologique du sujet. Celui qui étudie plusieurs centaines de malades n'a pas le temps matériel, ni le moyen de les dresser comme celui qui n'en étudie qu'un seul. Sans doute la méthode dispersée serait insuffisante, si elle était seule, parce qu'elle serait superficielle ; mais elle nous paraît un excellent complément et un correctif nécessaire de la première.

Les conditions les plus favorables à l'application de cette méthode dispersée nous ont semblé réunies dans la consultation du mardi à la Salpètrière. Des malades très nombreux, parmi lesquels on peut choisir, présentant toutes les formes des névroses et des psychoses viennent des points les plus divers, le plus souvent sans avoir séjourné dans aucun hôpital, sans avoir été dirigés d'une manière bien précise dans un sens particulier. L'observation immédiate, autant que possible, de tels sujets ne nous permettra t-elle pas de vérifier les remarques faites par l'étude approfondie précédente, sans que nous soyons grandement exposés au danger du dressage ? Aussi avons-nous résolu depuis plusieurs années déjii de profiter de ces circonstances éminemment favorables pour faire une enquête sur l'importance des troubles psychologiques dans les névroses, sur les maladies qui semblent « dépendre des idées ».

Voici de quelle manière, après les premiers tâtonnements, cette enquête a été dirigée et comment le travail dont ce livre est un résumé partiel a été conduit.

Parmi les malades qui venaient à la consultation du mardi, ceux qui semblaient présenter quelque intérêt au point de vue de la psychologie pathologique étaient envoyés au laboratoire de psychologie installé dans le service. L'un de nous les examinait, prenait leur observation et faisait sur eux d'une façon malheureusement rapide les quelques recherches qui pouvaient être utiles. Quelques jours après, nous examinions ensemble ces malades et ces observations. Enfin les malades étaient présentés le mardi suivant à la leçon clinique. Ce sont ces observations et ces études du laboratoire de psychologie faites rapidement sur les sujets de la consultation et exposées sous forme de leçons cliniques dont il nous a paru intéressant de réunir les principales.

Cette collection d'observations avec les réflexions succinctes auxquelles elles donnent lieu ont, à notre avis, quelque intérêt

Page 1