‹ Nérvoses et idées fixesChapitre 191 sur 326 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

pour l'étudiant en médecine el le médecin ii qui elles étaient adressées tout d'abord. Elles mettent en évidence un grand nombre de symptômes qui se rencontrent plus fréquemment qu'on ne le croit dans la pratique médicale. Elles montrent la vérité pratique d'une notion qui est admise par tous depuis longtemps d'une manière théori([ue, c'est que les troubles psychologiques, les altérations de la sensibilité, de la mémoire, les maladies de l'attention, de la volonté, de l'émotion surtout jouent un rôle considérable dans les souffrances et dans les troubles organiques dont les malades viennent se plaindre. Sans doute il s'agit là, c'est un point que nous ne nous lassons pas de répéter, quoique souvent on ne semble pas le comprendre, de troubles qui appartiennent comme les autres à la physiologie et à la clinique. Ce sont des troubles dans le fonctionnement du cerveau au même titre que les épilepsies corticales ou les hémiplégies par ictus. Mais il s'agit de troubles délicats, dans des fonctions supérieures du cerveau dont le mécanisme est encore mal connu. Si nous ne les représentons pas par des localisations anatomiques précises, par des altérations histologiques c'est simplement par ignorance ; mais cette ignorance ne nous dispense pas de constater les faits, de les classer, de voir leurs relations et leurs rôles. Nous pouvons nous servir de ces faits psvchologiques pour diriger l'interpré^tation et le plus souvent même le traitement des maladies avant que l'histologie et la physiologie ne nous aient clairement expliqué leur mécanisme. Le médecin, pressé par les besoins de la pratique, ne peut pas se désintéresser d'un fait parce que son interprétation anatomique est encore insuffisante. D'ailleurs, — nous le répétons à dessein, — placé en face de cas analogues à ceux que nous visons, dans ce livre, s'il n'en connaît pas bien le mécanisme psychologique, il est incapable de les comprendre, encore moins de donner, à leur égard, un conseil efficace.

Cette enquête, ce recueil d'observations nous paraît présenter encore un grand intérêt pour le psychologue el pour le philosophe. Sans doute, tous ces faits leur sont déjà connus, mais ils ont été présentés d'une manière théorique et abstraite comme des singularités exceptionnelles, nous voudrions leur montrer ces mêmes faits d'une manière plus concrète et plus vivante en les remettant pour ainsi dire dans leur milieu. Nous voudrions leur faire voir que ce sont des phénomènes presque journaliers que l'on observe très communément et montrer en même temps la

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