INTRODUCTION IX
place qu'ils occupent dans la vie du malade, au milieu de tous les autres faits physiologiques et psychologiques qui les environnent. Souvent au cours d'une discussion psychologique nous avons déjà eu l'occasion de faire allusion à tel ou tel de ces faits, mais nous ne pouvions, sans interrompre la discussion, raconter en détail la vie du malade qui présentait ce symptôme, l'évolution des phénomènes, leurs conséquences plus ou moins lointaines, leur terminaison. Il nous semble bon de réunir ici les observations plus complètes de ces sujets auxquels il nous sera plus facile de renvoyer plus tard le lecteur pour tous ces renseignements. Pour que cette comparaison soit possible, nous avons pris la précaution dans cet ouvrage et dans nos autres travaux de psychologie pathologique de désigner toujours le même sujet par les mêmes signes conventionnels, deux ou trois lettres sans rapport avec le véritable nom du malade mais qui désigneront toujours le même individu et autant que possible celui-là seul. Nous serions heureux si ces observations fournissaient un supplément de renseignements aux psychologues qui se sont intéressés à l'étude de ces expériences naturelles.
Il est impossible de réunir ici tous les malades de ce genre que nous avons eu l'occasion d'étudier depuis quelque temps. Nous avons dû choisir certains types de chaque groupe d'affections, et nous n'avons donné plusieurs exemples que pour montrer la fréquence d'un symptôme ou pour faire voir ses modifications. Certains groupes d'affections, en particulier les troubles physiologiques, les troubles viscéraux de l'hystérie, les troubles de la miction et des fonctions génitales ont été à peine représentés par quelques exemples. Ce n'est pas que des faits de ce genre aient été rarement observés, c'est au contraire que nos notes, nos recherches nous paraissaient trop longues, trop complexes, soulever des problèmes expérimentaux trop délicats pour être présentés aussi rapidement. Nous les avons réservés pour une nouvelle étude du même genre que nous espérons reprendre plus tard. Les études sur lesquelles nous insistons particulièrement dans ce volume ont rapport aux troubles de l'intelligence, de la volonté, du mouvement des membres, aux idées fixes et aux émotions systématiques qui nous semblent avoir en clinique une grande importance.
Nous avons réuni les observations dans un petit nombre de chapitres, d'après leurs principales analogies, mais il est impossible
X INTISODUCTION
(rétablir des divisions très précises entre des nudades voisins l'un de l'autre et qui présentent souvent d'une manière simultanée plusieurs de ces svmptômes. D'une manière générale cependant, les premiers chapitres nous présentent des troubles qui sont plus précisément psj/chùjues et qui se manifestent surtout par le langage et les actions des malades. La seconde partie réunit les affections qui ont quelque symptôme objectif, soniatique, des troubles de la sensibilité ou du mouvement qui se manifestent avec plus de précision à l'extérieur quoiqu'ils dépendent comme les premiers des mêmes troubles psychologiques.
Décembre 1897.