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CHAPITRE PREMIER

lîN CAS d'aboulie ET d'iDÉES FIXES '

1. Antécédenis de la maladie. — 2. ]';tude des mouvemeDls. — 3. Les idées fixes. — 4. Les perceptions. — 5. Évolution de la maladie.

La plupart des auteurs qui ont étudié la psychologie ont toujours recomniandé l'étude des iiialadies mentales: ils pensaient, et avec raison, que les perturbations des phénomènes moraux permettaient de mieux comprendre certaines opérations de l'esprit qui sont d'ordinaire peu distinctes. Si ce conseil a été rarement suivi, c'est qu'il faut pour cette étude être placé dans des conditions toutes particulières. Je dois tous mes remerciements aux médecins qui ont bien voulu diriger mes premières études sur l'aliénation, et en particulier à mon éminent maître M. le D"" Jules Falret qui m'a permis d'étudier sous sa direction et de publier cette observation recueillie dans son service à la Salpètrière. Ce cas, en effet, me semble Intéressant et peut justifier l'utilité de la méthode clinique dans les études de psychologie. D'un côté, il montre au psychologue des modifications curieuses et instructives de certains phénoiuènes mentaux, de l'autre il montre au médecin comment l'analyse psychologique permet d'interpréter des troubles singuliers qui caractérisent un groupe assez net de malades.

La personne que nous avons choisie pour objet principal de cette étude est une jeune fille de vingt-deux ans que nous dési-

1. Cette étude a déjà été publiée dans la Revue philosophique de M. Th. Ribot en mars 1891, p. 258-287, et avril 1891. p. 382-407. Je la reproduis presque sans modilications.

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oiuMctiis, tout il liiit j);ii' coiivciititm. sous le nom de Marcelle. Elle |)r»'scnl(', })oiir \v dire d'al)orcl en im mot, une disparition, une alxdition |)r»^S(|ue totale de cette faculté, qui a bien quelque importaïuc cl (iiToii appi-lic la volonté, (l'est une personne absolument sans volonté, une aboulique, comme on les appelle. Nous allons voir cbe/. clic comment se manifeste, comment se prouve celte suppression de la voiontc- cl nous y jiaivicndrons surtout par Tctude de ses mouvements. Mais nous insisterons surtout sur les . consé(picnces ([u'unc pareille altération de l'esprit peut avoir sur les act(>s ([ui sont supprimés ou altérés, sur les idées, sur la méiuoiif cl mrmc sui la perception. Cela noirs permettra d'abord de bien comprendre le rôle de la volonté qui est beaucoup plus étendu (pi'on ne le croit et ensuite peut-être de nous faire une idiT un peu plus précise du fait psychologique qui mérite particulièrement le nom de volonté, car c'est ce fait principal qui, chez n(»tre malade, se montrera particulièrement altéré. Knlin cette étud(> pourra peut-être préciser un peu ce phénomène si important de X aboulie qui se rencontre [)rcsque toujours chez ces malades que l'on désigne tantôt sous le nom d'hystériques, tantôt sous celui de neurasthéni([ues, de dégénérés, de phrénasthéniques, de |)svchasthéniques. Ce sym[)tônic prend chez quelques-uns d'imlre eux une importance si prépondérante ([u'il leur donne une physionomie à pai't et permet de séparer, au moins au point de vue clinupic, le groupe des aboiili(jues.

i. — Antécédents.

Il est toujours assez dillicile de recueillir des renseignements jirécis sur la famille des malades, et nous n'avons obtenu sur ctdie-ci (piun jx-lit nombre d'indications qui ont cependant leur im|)ortancc. Le père de Marcelle fut atteint de paralysie pendant les dcu.\ dernières années de sa vie, il mourut assez jeune, vers cintpiante ans, sans avoir présenté ni troubles de la parole ni délire. Il est dillicile de déterminer maintenant avec exactitude la nature de cette paralysie qui est toujours décrite d'une manière fort vague. Les parents du côté maternel sont un peu mieux connus : la grand'mère maternelle mourut dans un asile d'aliénés, elle était atteinte vraisemblablement de délire des persécutions. De ses deux filles, l'une, la tante de notre malade,

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