LES ni: LUI ES émotifs
criiiK* iictlclô piirfiiltc loiit ;i r;til ulcntitjiio au |)ré('Ccl(MiL L'anciciiiit' t'inoliou, ([iii si'inblait oiiblii-c, se niaiiifestc dans les iiuMiics eoiulitioiis j)s\ cho-phvsiologicjnes au moment des règles, à '? heures du malin. La teiieur est bien nalurelle puis([u il v a une hallueination qui elle-même est, probablement, la suite d'un rêve. Quant à cette hallucination elle est tout simplement la reproduetion de l'idée que la malade avait eue un mois auparavant sur l'assassinat de son mari par des rôdeurs. La seule grande difTérence qui est à noter, c'est qu'elle ne craint plus pour son mari mais pour elle-même. C'est lii une modification curieuse dont nous verrons bien des exemples, (hiand 1 émotion anive ii être très intense, elle devient personnelle. Il semble que le plus grand degré de la terreur nous porte à craindre pour nous-même et non pour les autres. Quoi qu'il en soit, cette émotion se reproduit ainsi régulièrement à l'époque des règles avec la même hallucination.
La malade lut envovée à la campagne et changée de milieu; c'était ce que l'on pouvait faire de mieux, et pendant plusieurs mois tout alla bien. Quand elle rentre à Paris, tout recommença pendant une série de mois. Nouvelle interruption par diderents traitements et surtout par le changement de milieu. Elle s'est crue guérie l'année dernière, car elle a eu ses règles correctement et sans accident pendant toute l'année. Mais depuis quelque temps, probablement à la suite de fatigues et en conséquence d'un léger embarras gastrique, tout recommence encore, mais cette fois avec une forme un peu différente. Il n'y a plus du tout d'hallucinations, il n'v a même plus de cauchemar précédant la crise, car la malade a pris soin de rester éveillée et cependant la peur la saisit tout de même à 2 heures du matin. En outre, ces peurs bien diminuées, comme vous le voyez, n'apparaissent pas uniquement aux règles, mais reviennent bien plus souvent, presque tous les soirs.
Ici encore, si l'on ne voulait pas remonter en arrière, on parlerait d'émotion pure sans idée et sans images déterminantes; mais nous avons toujours soutenu <[u"il n'v avait pas entre l'idée et 1 émotio!) cette grande différence <jue l'on veut v voir. Toutes les deux ne sont que des systèmes psvchologiques et phvsiologiques plus ou moins complexes et plus ou moins variables dans la nature de leurs éléments. Il y a toutes les transitions possibles entre l'idée d'un événement, idée complète avec les actes, les images
DKLIRE l'.MOTlF SYSTEM ATISK X.T
hallucinatoires et les émotions que cet événement a pu faire naître dans l'esprit et une émotion simple de terreur dépourvue des actes et des images qui lavaient complétée primitivement. La peur qu'a cette femme actuellement, à deux heures du matin, est au fond le même svstème psychologique que le cauchemar avec hallucination et terreur qu'elle avait précédemment ; ces deux faits eux-mêmes ne sont en réalité pas autre chose que l'état psychologique qu'elle a eu la première fois, la nuit, en attendant et en cherchant son mari à travers les rues, à deux heures du matin. Les phénomènes ont été en se simplifiant et c'est pourquoi il ne reste plus aujourd'hui qu'une émotion qui paraît pure.
11 n'y a chez cette femme aucun signe net d'hystérie si ce n'est une certaine faiblesse d'attention et l'émotivité excessive. Le phénomène fait cependant partie de la série hystérique et si l'émotion persistante redevenait plus complète et plus violente, nous ne serions pas surpris de voir survenir des attaques et des anesthésies. Cependant cette dégradation des phénomènes est de bon augure. Il est probable qu'avec quelques soins hygiéniques, en évitant tout ce qui peut par association d'idées rappeler le souvenir, on verra ces accès émotifs diminuer encore et disparaître.
Observation 22. — Agoraphobie simulant le vertige de
Ménière.
On a parfois quelque hésitation à expliquer les symptômes d'un malade par de simples désordres mentaux et souvent on cherche bien loin dans la pathologie organique la raison d'être de phénomènes très simples. Voici un jeune homme de 22 ans, Se, que Ton nous adresse avec le diagnostic de vertige de Ménière, de « çertigo ab aiire Isesa w. Eh bien, à moins d'une erreur toujours possible, nous crovons qu il s'agit de tout autre chose.
Pas d'antécédents héréditaires notables, enfant un peu en retard, d'intelligence lourde qui pendant longtemps a abusé de la masturbation. Il y a cinq an^s, il a présenté un écoulement purulent par l'oreille gauche ; cet écoulement malgré quelques soins se prolongea huit mois mais il guérit complètement sans troubles de l'audition. Depuis un an h peu près, ce jeune homme éprouve des accidents qui ont été décrits comme des vertiges.