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lisalion do ('clui-ci soiil fort bien senties. L'acuité visuelle (;st faible et le elianip visuel est ;i 50 pour l'œil gauche et ii 75 pour VœW droit. Kn outre la malade se plaint de ne plus pouvoir faire attention, d'i^trc tout le temps à rêver malgré elle. « .l'ai envie tout le temps de pleurer et de rêver, je ne suis plus bonne à rien. » Le plus souvent elle a conscience de ses rêveries, mais de temps en temps elle semble s'endormir et continue des rêves dont elle ne' se souvient [)lus au réveil. Ajoutons enfin que Val. est assez facile à hypnotiser. A la troisième séance nous obtenions un état somnambulique fort net avec amnésie consécutive. Pendant ce somnambulisme, elle confirme ce qu'elle exprimait d'ailleurs à peu près pendant la veille, c'est qu'elle rêve constamment h son incendie, aux objets qu'elle a perdus, aux accusations portées contre elle, etc.
En un mot nous notons ici, d'un côté un état hystérique indiscutable et de l'autre un goitre assez fort qui s'est développé très rapidement. Ces deux phénomènes dépendent-ils l'un de l'autre.' Penl-êlre. T/un de nous a fait il y a quelques années une petite encjuête qui lui a montré la très grande fréquence du goitre chez les hystériques. Il a même recueilli déjà plusieurs cas où le goitre s'est développé subitement chez les hystériques ;i la suilc d'une émotion. Une jeune fille qu'il a observée a présenté un goitre volumineux douze heures après une scène survenue dans l'école dans lacjuelle on l'avait accusée de vol. (^hez cette malade d'ailleurs le goitre présentait des modifications de volume intéressantes en rapport avec la gravité des phénomènes hystériques. Il augmentait j)endant les attaques et dans les périodes de délire émotif. Il diminuait dans les périodes de calme et on pouvait le faire disparaître presque complètement par un sommeil prolongé.
On sait d'ailleurs combien les hystériques sont prédisposés aux troubles vaso-moteurs, on sait que bien souvent, surtout dans des tissus anesthésiques, la plus légère excitation peut produire des ecchymoses. Une malade souvent citée par nous, sous le nom de Justine, a le lendemain des traces noirâtres aux endroits où elle a été légèrement pincée du côté anesthésique. Un jour, après un léger massage (jue nous avions fait pour détruire une contracture du bras anesthésique, elle a eu le bras, depuis l'épaule jusqu'au coude, complètement bleu et noir. Nous sommes certains de ne pas avoir mis tant de brutalité dans cette opération.
Des troubles de ce genre et même des héim)rragies ne peuvent-
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ils pas se produire de même dans le corps thyroïde chez des malades hystériques. Dans le cas présent l'hystérie qui avait existé fortement auparavant était très atténuée depuis deux ans, l'émotion violente déterminée par l'incendie nous paraît avoir d'un côté rappelé l'hystérie, et de l'autre déterminé une congestion et peutêtre une hémorragie dans le corps thyroïde.
Voici Val., dont nous n'avions pas eu de nouvelles depuis un an, qui vient nous revoir. Avant de vous parler de son état actuel, il faut vous rappeler le résultat que nous avions obtenu l'année dernière. Quelques suggestions, pendant l'état somnambulique avaient fortement diminué son état émotif. Quelques pratiques hydrothérapiques et quelques toniques avaient rapidement amené une amélioration manifeste. Dès que la malade fut moins émotionnée et rêva moins à son incendie, la mémoire, l'attention, la sensibilité revinrent rapidement. En même temps le goitre avait beaucoup diminué. Quand elle nous a quitté, il était encore sensible, mais fort petit.
Depuis un mois tout a changé, à la suite d un ennui (elle a perdu sa place), le goitre a de nouveau augmenté. Il est devenu rapidement très volumineux, aussi gros que l'année dernière. Cette fois non plus le goitre n'est pas accompagné des symptômes du BasedoAV, ni exophtalmie, ni tachycardie. L'hystérie, non plus, ne semble pas s'être développée de nouveau, il n'y a pas de stigmates bien nets et quoique la malade ait encore ses rêveries vagues elle n'a pas autant de disposition que l'année dernière à l'engourdissement et aux crises de sommeil.
Mais un autre symptôme s'est développé qui ne laisse pas que de nous incjuiéter un peu. Ce sont des quintes de toux, extrêmement pénibles, avec sensation de suffocation, c'est enfin un trouble très net de la parole qui est à la fois voilée et nasonnée. M. le docteur Cartaz vient d'examiner cette malade ; il constate de la pharyngite chroni(|ue, peu importante, et qui ne suffit pas pour expliquer ce trouble de la parole. Quand on examine le larynx, on constate (jue la corde vocale droite est presque complètement immobile pendant la prononciation des sons, le tout petit mouvement qu'elle a encore lui est probablement communiqué [)ar la vibration de l'autre corde.
Quelle est la signification de ces nouveaux symptômes. Ils sont malheureusement assez nets. Il s'agit d'une paralysie presque
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coinplrlo (lu rcciirrenl droit [);ir compression. Le goilre est devenu plongeant et comprime non seulement la trachée mais le pneumo-gastrique et le l'écurrent. Voici des accidents physiques graves (jui sont la eonsécjuenee indirecte des lroul)les déterminés par une émotion. Nous allons voir si le IraitemenI iodé (|ui autrefois n'a pas eu d'etret peut faitre rétrograder le goitre, et si nous pouvons eneort^ obtenir (piehjues l)ons efl'ets en suggérant à la malade d'oublier ses rêves et ses émotions, mais nous devons vous avouer que nous sommes cette fois beaucoup moins rassurés sur le résultat.
OasEuvvnoN 31. — Mélancolie anxieuse à la suite d'une émotion. — Anlicédenls, émotion en voyant tomber un enfant, étal émotif persistant, morphinomnnie, aboulie et sentiment de malheur^ perte des sentiments^ modifiealion de la cœnesthésie et état émotif systématique, relations de ces phénomènes , début brus([ne, modifications cérébrales antérieures aux modifications organiques, évolution, mort.
Nous n'avons pas à insister sur cette malade, Nef., âgée de 37 ans. Son état, qui se rapproche des délires mélancoliques, rentre plutôt dans la catégorie des aliénations que dans celle des névroses. Nous restons sur les fontières de l'aliénation sans faire de trop graves incursions sur son domaine, mais nous voudrions cependant vous faire remarquer combien ce cas de mélancolie se rapproche des états émotifs persistants dont nous vous avons souvent entretenus. Il forme en quelque sorte le terme, l'aboutissant d'une longue route dont nous n'avons signalé (jue les premières étapes. Nous voudrions aussi insister sur \v. dc'but qui n'est pas sans rapport avec celui (pie nous avons constaté dans bien des névroses.
Le père semble avoir été bien portant, la mère était fort nerveuse, mais n'a pas présenté d'accidents précis. Il semble, si nous en croyons la famille, qu'il n'y a pas d'antécédents psychopathiques. Nef. a toujours été une personne extrêmement nerveuse et émotive. Il lui arrivait très fré([uemment de s'évanouir on de vomir ses repas ;i la suite d'un b'-ger saisissement, mais ces accidents n'étaient pas durables et en somme elle se montrait gaie, intelligente et active. A l'âge de 29 ans, pendant son repas, elle
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vit de la fenêtre de la salle à manger un de ses enfants tomber en bas de l'escalier. Elle poussa un cri, porta la main à sa tète en disant qu'elle y sentait comme un remuement, vomit son repas et put à peine se lever pour aller au secours de lenfant qui, d'ailleurs, n'avait rien du tout. Après avoir constaté qu'il n'v avait aucun accident sérieux elle se coucha pour se remettre, mais ne put dormir et resta à sangloter et à pleurer. Depuis ce moment son état resta le même; gémissements perpétuels qu'elle expliquait en disant qu'elle se sentait elle-même très malheureuse, sentiment de désespoir, refus de nourriture, etc. Un médecin qui futappeléla soumit h un traitement ([ui a eu autrefois, nous ne savons pourquoi, quelque vogue ; il lui fit des injections de morphine. Que ce soit sous l'influence du traitement ou pour toute autre cause, la malade se rétablit à peu près complètement en six semaines. Aussitôt rétablie, elle renonça assez facilement à la morphine et reprit ses occupations, quoiqu'elle restât un peu plus paresseuse, moins vive et moins attentive qu'auparavant.
Huit ans après, sans qu'il y ait eu dans ce long intervalle aucun trouble nerveux appréciable, elle éprouve de nouveau une émotion exactement analogue. Elle voit un de ses enfants tomber brusquement dans le jardin, dans un endroit où, parait-il, se trouvait une barre de fer pointue. Elle eut l'idée qu'il était transpercé, voulut courir h son secours et fut arrêtée par une sensation douloureuse « de remuement dans la tête », par une souffrance au cœur, des tremblements et des vomissements. Il fallut la soisfuer ellemême plus que l'enfant qui, encore une fois, n'avait rien du tout. On prétend qu'elle eut la fièvre pendant quelques jours, c'est possible quoique non certain, elle eut surtout des frissons continuels, des vomissements et des sensations de suffocation. Immédiatement après, elle entra dans l'état où nous la vovons encore aujourd luii après six mois de traitements divers.
Quand on nous la amenée il v a quelques semaines, ce n était pas [)récisément à cause de son état mélancolique, mais à cause d'un accident surajouté. Le médecin avait recommencé le traitement auquel on avait attribué la guérison du premier accès, c'est- , à-dire les injections de morphine. Mais ce traitement n'avait eu aucune influence sur l'état émotif et avait simplement fait naître l'habitude et le besoin de la morphine. Elle en était arrivée rapidement aux doses déjà assez fortes de 8 et 10 centigrammes par jour et semblait devoir dépasser rapidement ce chillre car elle
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r«'cl;imail perpétiiellcincnt la piqûre. On nous clemaiiclait de siipprimer à la fois la morphiiioinanit; et l'élat mélancolique.
Xous avons pu remplir la premii're partie du programme mais non la seconde. l'^n quelques semaines, par une diminution rapidement progressive, la morphine a été supprimée. Cela n'a pas été très facile et nous vous signalons en passant un petit incident instructif pour le médecin. Le mari qui venait bien trop fréquemment nous tourmenter et pleurer dans notre cabinet en nous suppliant d'enlever à sa femme cette passion qu'il jugeait dangereuse, profitait de ses visites pour apporter en secret à celle-ci de la morphine et cela a certainement retardé la cure. Quoi qu'il en soit, elle ne prend plus de morphine depuis un mois el nous nous trouvons maintenant en présence de létat psychopathique isolé.
Ce qui domine c'est un sentiment plus qu'un délire. Cette femme est au fond restée raisonnable, elle se souvient bien de tout ce qui s'est passé, elle raisonne bien sur l'avenir, se rend compte du désordre que son absence cause dans son ménage, explique bien ce qu'elle devrait faire, enfin elle reconnaît ([u'elle n'a aucune raison sérieuse pour se désespérer, que sa situation est la même aujourd'hui qu'autrefois, que la satisfaction et le bonheur éprouvés jadis devraient encore exister ; mais ces idées restent absolument inactives et n'ont aucun effet ni sur sa conduite ni sur ses sentiments. Elle ne fait absolument plus rien, ne voulant plus travailler à son ménage, ni s'occuper de personne. Ici, elle refuse de faire le moindre travail de couture ou d'essayer de lire quelque chose. Il v a lit évidemment un trouble considérable de la volonté, mais nous ne décrirons pas ces faits sous le nom d'aboulie comme dans les faits précédemment étudiés, parce ([uc ce trouble de la volonté nous semble ici tout à fait secondaire.
La volonté est arrêtée par une émotion actuelle qui dure constamment, c'est, dit-elle, l'émotion qu'on éprouve au moment où il vous arrive un grand malheur. « Voyons, Madame, pourquoi restez-vous ainsi immobile, la tête baissée, sur votre chaise.
La mal.vdk : Parce ([ue je suis malheureuse.
— Mais qu'est-ce (|ui vous rend malheureuse .*
La maladi:: Rien. J'ai tout pour être heureuse ctjc suis malheureuse ou plutôt je me sens excessivement malheureuse, je n'ai que cela dans la tète et dans le cœur. Je ne puis pas penser à autre chose, je ne puis pas sentir autre chose. Ce qui me désespère, c'est ([lie j'ai perdu tous les sentiments, je ne peux plus me
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rattacher à rien de ce que j'ai tant aimé ; mon mari, mes enfants me sont indifTérents. Moi qui ai été malade parce que je croyais que mon enfant s'était blessé, je ne m'occupe même plus de savoir s'il est mort ou vivant. Mon ménage dont j'étais si fière, je n'en désire aucune nouvelle, je suis toujours à sentir la même chose. Que je suis malheureuse ! Que je suis malheureuse ! »
Comme vous vovez, elle s'exprime bien et elle nous pose ellemême un beau problème de psychologie pathologique que tous les aliénistes connaissent bien et qui n'a guère été résolu. Qu'estce que c'est que ce sentiment de malheur qui envahit ces malades au point de supprimer toute activité, toute pensée et tout autre sentiment. Cette impression va devenir le point de départ des délires mélancoliques qui sont, comme on la bien remarqué, secondaires; déjà maintenant elle parle un peu de suicide, elle se demande si elle est bâtie comme les autres. Elle pourrait bien délirer dans quelques temps et présenter ce délire pénible, fixe, monotone d'humilité, de résignation qui a été très bien décrit par M. Séglas ; mais nous voyons la malade à un moment particulièrement intéressant, au premier stade de la maladie, quand elle ne délire pas du tout et quand son état est simplement caractérisé par un sentiment de dépression douloureuse et par un arrêt de toutes les autres fonctions intellectuelles.
De quoi donc dépend ce sentiment? Nous ne pouvons le rattacher à un trouble des opérations intellectuelles qui semblent correctes. Dépend-il de cette disparition des autres émotions, des autres sentiments que la malade constate si bien? Elle emploie, à ce propos, une jolie expression empruntée au patois de son pavs : « Je voudrais tant devenir aniiteiise comme autrefois w, c'est-à-dire être capable d'amitié, avoir des affections comme autrefois. Nous pourrions remarquer à ce propos qm^ la suppression des sentiments n'est pas aussi complète qu'elle le dit. Elle demande sans cesse des nouvelles de sa famille, elle pleure en recevant une lettre de ses enfants. Dans certains cas d'hystérie, nous avons constaté des disparitions bien plus complètes de tous les sentiments d'affection, en particulier chez une malade que l'un de nous a souvent décrite sous. le nom de Maria. On pouvait constater chez cette malade intéressante, suivant que son esprit était plus ou moins éveillé, tous les degrés de la sensibilité morale depuis l'indifférence absolue jusqu'à l'affection la plus vive. A aucun degré de cette diminution des sentiments aifeclifs elle n'a
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présenté ce scnliinent do mallicur, cet état mélancolique de Nef. Nous dirions donc plutôt (jue l'indifFérence qui l'empêche d'être « aniiteusc » est plutôt secondaire et tient à renvahisscment de l'esprit pai' un antre élal émotionnel devenu absolument immuable. Il faut tlonc remonter plus loin.
Une réponse facile et en même temps évidente, c'est qu il y a des modifications de l'état ca^nestliésique, c'est-à-dire de cet ensemble des sensations surtout viscérales qui nous avertissent de l'état de nos organes, du fonctionnement vital et nous donnent le sentiment de bien-être ou de mal-être. INlalheureusement cette réponse si juste et qui est îi la portée de tout le monde reste profondément vaoue <ni devient tout à fait hypothétique. Affirmer qu'elle a un sentiment mauvais de l'exercice des fonctions vitales ce n'est pas se compromettre beaucoup, c'est traduire en langage psvchologique ce qu'elle nous dit sur son sentiment d'être malheureuse. Mais décrire ce qn'il y a d'altéré dans la coenesthésie c'est ce que nous ne pouvons faire d'une façon scientifique. La seule altération des sensations que nous commencions à connaître un peu, c'est leur diminution. Or, nous avons beau faire, nous ne trouvons pas d'hypoesthésie chez cette femme, point de troubles des sens spéciaux, point de troubles de la sensibibilité cutanée, même mesurée à l'a'sthésiomètre à plusieurs points du corps, point d'altérations de la sensibilité musculaire, même examinée à plusieurs reprises par plusieurs procédés. Quant à la sensibilité viscérale nous ne pouvons vous dire qu'une chose, c'est que les muqueuses accessibles sont toutes sensibles, c'est que la malade prétend éprouver tous les besoins viscéraux, elle a faim, plus souvent soif, mais, quoique l'appétit soit faible, elle prétend qu'il existe comme autrefois, elle sent le besoin d'uriner, le besoin de la défécation, elle éprouve de temps en temps les impressions d'une mauvaise digestion exactement comme anlii'lôis, elle sent les palpitations de son cœur ([ui d'ailleurs sont fréquentes, elle se rend compte de la respiration et (piand, un jour, nous avons essavé de lui tenir pendant (juelques instants le nez et la bouche fermés, elle a apprécié la sufïbcatioii tout aussi vile (pi aurait pu le faire une personne noimale. l'!nfin, il y a une sensibilité à laquelle l'un de nous attachait (piehpie importance dans l'évolution des sentiments d'alTcction, des senlimeiits de famille', c'est la sensibilité géni-