LES ATTAQUES DE SOMMEIL
Ci^peiuliint le père était un lioninic bizarre, très sombre, très solitaire cl présentant des colères épouvantables. Il est à remarquer que sa fille lui ressemble et qu'avant de délirer complètement, elle avait à peu près le même caractère que son père. D'un autre côté, la mère qui paraît raisonnable a eu à plusieurs reprises qu(dques syncopes et elle a un frère qui a des crises hystériques. L'enfant fut toujours extrêmement difficile à élever. f'Ue criait énormément, se montrait extrêmement méchante; elle eut des convulsions vers 9 mois, mais s'éleva cependant ;i peu près normalement. Un peu plus âgée, elle eut des terreurs nocturnes, très fréquentes qui amenaient de véritables crises de délire. Elle avait un caractère insupportable : tantôt caressante, tantôt mauvaise et se mettant facilement dans des colères épouvantables. Elle présenta dès ses premières années des troubles, des variations de la nutrition extrêmement caractéristiques. Pendant quelques mois elle se dégoûtait des aliments, refusait de manger et n'était alimentée que très difficilement. Aussi maigrissait-elle beaucoup, puis sans raison elle retrouvait un bel appétit, mangeait beaucoup et en quelques semaines reprenait un aspect très florissant pour recommencer bientôt les mêmes refus de nourriture. Vers l'âge de 8 ans, une fièvre typhoïde légère ne fit qu'aggraver ces symptômes nerveux. Les règles qui apparurent à 15 ans, sans accident, continuèrent régulièrement, mais depuis ce moment la jeune fille fut de plus en plus nerveuse, devint triste, préoccupée et obsédée pour la moindre des choses.
Vers 17 ans, on note une perturbation assez grave à propos d'un chagrin d'amour. La voici qui toutes les nuits rêve tout haut de ce jeune homme qui a quitté le pays, qui toute la journée s'en préoccupe d'une manière excessive. La mort de sa grand'mère survenue peu de temps après lui cause un violent chagrin et augmente encore le trouble de ses pensées. Nous la voyons pendant près de deux ans dans un état d'esprit particulier qui ressemble à celui des obsédés. 11 n'y a pas encore d'accident hystérique bien net et même la malade mange plus r«''gulièrement ([uà l'ordinaire, mais elle se [)laint d'avoir en tête une quantité d'idées qui s'agitent confusément, qui roulent dans son cerveau sans qu'elle puisse les arrêter ni les saisir. Ce sont des idées qu'elle trouve absurdes. Elle se reproche des fautes imaginaires, comme si elle avait eu quelque faiblesse avec ce jeune homme, ce qui n'est pas exact, ilile a honte d'elle-même, ne veut plus se montrer; elle a