CONFUSION MENTALE, DÉLIRE MANIAQUE, ATTAQUES DE SOMMEIL
des haines contre ses parents, contre sa mère surtout. Elle dit avoir beaucoup d'autres id«''es qui s'enfuient dès qu'elle essaye de les comprendre et de les exprimer. Ces idées lui font peur : « Otez-les-moi, dit-elle, ou je vais devenir folle. » En même temps, on note les troubles de l'attention ordinaires chez ces malades qui ne comprennent plus ce qu'ils lisent, qui ne peuvent plus travailler ; mais l'aboulie prend chez elle une forme toute particulière, c'est le délire de résistance. Dès qu'on lui demande un acte, ou dès qu'elle pense elle-même à faire une action elle a immédiatement une idée qui s'oppose à son exécution. « Cela est défendu, cela serait mal, cela lui troublera la santé, c'est trop difficile pour elle », et malgré ses efforts elle ne parvient pas à vaincre cette idée et à accomplir l'action. Il semble que ce ne soit d'ailleurs que l'exagération de son caractère antérieur, car elle avait toujours été extrêmement entêtée et désobéissante. 11 y a un an à peu près, elle est effrayée par un violent orage et commence une grande crise d'hystérie qui dura 2i heures. Au milieu de ses convulsions, elle manifestait surtout l'intention de mordre et de crriffer sa mère.
Depuis cette attaque elle reste plus bizarre et plus malade qu'auparavant. Elle prend un tic du langage et se met à faire rouler les r par imitation du médecin qui l'a soignée pendant l'attaque. Elle n'a plus jamais une attitude naturelle; tantôt elle parle avec arrogance et colère, tantôt elle paraît effrayée et parle tout bas. D'ailleurs elle se plaint que les idées sont de plus en plus obsédantes et embrouillées, qu'elle a honte d'elle-même, qu'elle ne comprend plus ce qu'elle pense. Les résistances s'exercent pour toutes les actions, elle refuse de se lever, de marcher, de parler, de manger. Elle ne manque pas toujours d'appétit, au moins ii ce moment, mais elle se plaint de ne pouvoir manger à sa faim parce qu'elle a trop d'idées en tête qui s'y opposent. Au bout de trois mois elle tombe dans un véritable état de confusion mentale que nous reverrons tout à l'heure, puis tout d'un coup, à la suite d'une période de crises et de délires, la voici qui s'endort et entre dans un sommeil profond qui dure un mois. Au réveil de ce sommeil tout le monde, paraît-il, l'a cru guérie. L'intelligence était revenue, les idées obsédantes avaient en grande partie disparu, elle consentait à manger et à faire tout ce qu'on lui demandait. Mais cette belle amélioration ne dura guère, la malade retomba peu à peu et depuis six mois, elle passe alternativement