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Les dysesthésies

La sensibilité n'est pas seulement diminuée chez nos malades,

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elle est très souvent altérée, c'est-à-dire qu'ils éprouvent toutes sortes de sensations bizarres, toutes sortes de douleurs à la place des sensations normales qu'ils ne savent plus percevoir d'une façon correcte. Ces douleurs ont des origines diverses et il ne faudrait pas, par une exagération de l'esprit de système, les expliquer toutes de la même manière. Dans un premier groupe, il faut placer bien entendu les douleurs qui correspondent à de véritables altérations organiques. Quand une hystérique se plaint de ressentir de grandes douleurs dans la tète, surtout au moment où l'on transforme violemment l'état de la sensibilité', de ses souvenirs ou ses idées fixes, nous n'en serons pas surpris, car il est infiniment probable qu'il y a ce moment de véritables modifications dans la circulation cérébrale, dans l'état des cellules, dans la pression intra-cérébrale, peut-être même dans l'état tles méninges qui sont particulièrement sensibles. Ce sont des douleurs analogues à celles qui se produisent dans n'importe quel organe lorsque l'on modifie brusquement son état. Un grand nombre d'autres douleurs siègent sur le tronc ou les membres aux endroits où se trouvent des contractures incomplètes qui sont en voie de changement, qui se défont et se reforment incessamment. Ces contractures siègent soit dans les muscles du thorax et de l'abdomen, soit dans les viscères. Ici encore la douleur a sa raison d'être et ne dépend de la névrose que d'une manière indirecte, en tant que celle-ci détermine la contracture.

Dans un deuxième groupe se placent les dysesthésies qui sont en rapport avec l'anesthésie elle-même. « Quand l'anesthésie est complète, elle est indifférente au malade, au contraire le malade se plaint de son anesthésie quand elle est incomplète^. » Cette remar({ue que faisait l'un de nous autrefois demande à être discutée, car il y a des malades qui présentent certainement toutes les variétés de l'hypoesthésie sans s'en plaindrejamais et sans le remarquer. Mais il yen a aussi beaucoup d'autres qui éprouvent des chatouillements, des engourdissements variés et plus ou moins pénibles quand leur sensibilité est amoindrie. Ces sensations correspondent souvent aux changements assez rapides dans l'état de la sensibilité.

1. Pierre Janct. L'amnésie continue. Revue générale des sciences, 1803, 178. Accidents mentaux des hystéri(/ues, p. 81, et dans le premier volume de cet ouvrage, p. 147, 165.

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