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LES TROUBLES DE L.\ SENSIBILITÉ

Enfin un troisième groupe de dysesthésies nous semble différent de ceux-ci, se combiner et se surajouter souvent aux précédents. Ce sont les siMisations bizarres, les douleurs, qui dépendent non seulement tl'un trouble réel, objectif de la sensibilité, mais encore des interprétations, des souvenirs, des émotions persistantes du sujet. Suivant les cas, le trouble primitil et objectif de la sensibilité ou au contraire l'élément psychique surajouté par le sujet joueront le principal rôle. C'est cet élément de l'émotion systématique persistante, de l'idée fixe dans les dysesthésies que nous voudrions surtout mettre en relief dans les observations suivantes.

Observation 77. — Dysesthésie de la poitrine par idée fixe de la phtisie et par jalousie. — Douleur persistante au côté (jHuche de la poitrine, contracture des muscles intercostaux, antécédents, sucjgestihilité, obsession, idée de la phtisie, début de l'idée fixe, sentiment de jalousie, traitement, besoin de direction.

Voici une jeune femme de 27 ans, Me., qui est venue il y a quinze jours se plaindre uniquement d'une seule chose, d'une grande douleur persistante, extrêmement pénible dans le côté gauche de la poitrine. Cette douleur est localisée d'une manière assez vague, tantôt au-dessus tantôt au-dessous du sein gauche, « elle se promène dans tout le côté gauche de la poitrine ». Rien n'est plus banal, direz-vous, qu'une pareille douleur intercostale ; peut-être faudrait-il nous borner à lui recommander quelques traitements bénins : sinapismes, teinture d'iode, etc. Mais vous allez voir où nous mène l'étude de ce tout petit symptôme, lorsqu'on veut bien se donner la peine de faire la connaissance du sujet.

En effet, nous avons été tout de suite intéressés par la façon singulière dont cette femme parlait de sa douleur, avec exagération, avec angoisse, avec pleurs, comme s'il s'agissait de quelque chose de très extraordinaire. En examinant mieux la malade, nous avons constaté d'abord ce dont vous vous doutez bien, que rien, absolument rien de matériel ne justifiait cette douleur. Cœur et j)oumons sont al^soliiinent intacts, point de lésions des côtes, point d'état rhumatismal. Il n'v a même pas de ces contractures des muscles intercostaux qui sont si fréquentes chez les hystériques et qui sont précisément la grande raison des douleurs de ce genre

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