TREMBLEMENTS ET CIIORÉES PAR AMYOSTHÉNIE ET ANESTHÉSIE
quelques tremblements néviopathiques d'après leur origine. Nous nous proposons de distinguer au moins provisoirement trois classes principales. Dans un premier groupe se placent les tremblements et les mouvements choréiques irréguliers qui paraissent dépendre surtout de la faiblesse, qui semblent en rapport avec Tamyosthénie et l'anesthésie musculaire dont elle est inséparable. Dans un second groupe se rangent les tremblements qui dépendent de l'émotivité générale du sujet. Chez ceux-ci on observe également sans doute une faiblesse et une diminution de la sensibilité, mais cette hypoesthésie est toute passagère et dépend elle-même de l'émotion actuelle qu'éprouve le sujet à propos d'un incident qui détermine actuellement une émotion quelconque. Dans un troisième groupe se placent les tremblements et les chorées qui dépendent encore d'une émotion, mais d'une émotion ancienne qui se reproduit systématiquement toujours la même h la façon des idées fixes.
i. — Tremblements et chorées par amyosthénie et anesthésie.
Observation 87. — Tremblement du côté droit à la suite d'une hémiplégie hystérique. — Antécédents, chute sur le côté droite hémiplégie, anesthésie, traitement par l'hypnotisme, tremblement, hypoesthésie, douleur dans la tête du même côté.
Voici d'abord un premier cas qui n'est pas à notre avis parmi les plus fréquents, mais qui nous met sur la voie d'une interprétation de certains tremblements, nous ne disons pas de tous. Cette jeune fille de 15 ans, Legr. nous paraît marcher difficilement : c'est qu'elle est gênée dans ses mouvements par un tremblement fin, rapide et continuel qui secoue tout le côté droit et qui n'existe que du côté droit. Cette maladie actuelle l'inquiète peu cependant, elle en est presque satisfaite.
La malade : « Ce n'est plus rien maintenant, je commence h aller beaucoup mieux depuis deux mois; mais auparavant je suis restée pendant trois mois sans pouvoir marcher, sans pouvoir remuer ni mon bras, ni ma jambe droite. »
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En effet, cette jeune fille relève d'une hémiplégie hystérique. C'est la fille d'un ivrogne comme toujours et d'une mère passablement nerveuse qui nous raconte qu'il v a dans son cou une boule bien gênante. L'enfant, d'assez mauvais caractère, coléreuse, jalouse, se nourrissant mal, fut difficile à élever. L'année dernière, à l'âge de 1 4 ans, elle commença ;i avoir ses règles, ce qui l'énerva beaucoup. lïUe se plaignait de mauxdetête etd'étourdissements. Sur ces entrefaites, au moment d'une de ses premières périodes menstruelles elle fit une chute très grave dans un escalier. Elle était tombée sur le côté droit qui fut fortement contusionné. Sans qu'il y eût d'attaques le côté droit resta de plus en plus inerte, et en quelques jours l'hémiplégie avec hémianesthésie était complète. On transporta l'enfant à l'hôpital Trousseau, où on la massa, et on l'électrisa sans résultat. Après avoir vu l'insuccès de ces traitements, un interne s'est, paraît-il, occupé de l'hypnotiser et en trois séances il l'a fait marcher comme vous le voyez maintenant. Le résultat n'est pas sans intérêt: elle remue fort bien son bras, elle marche et, en somme, n'a pas eu de rechutes depuis trois mois. C'est probablement une convalescence au moins de cet accident primitif.
Actuellement il lui reste le tremblement. Ne pourrait-on pas supposer que, dans ce cas, ce tremblement n'est en somme qu'un reliquat de la paralysie. Le bras droit est encore très faible, il ne peut marquer que 9 au dynamomètre, tandis que le gauche marque 23. L'anesthésie n'y est plus complète : la malade sent les piqûres, les pincements, distingue les objets mis dans la main et même distingue les pointes de l'.xsthésiomètre sur la face inférieure du poignet à 50 millimètres. Ce n'est pas comparable à l'anesthésie précédente pendant laquelle on pouvait la brûler et la couper sans qu'elle le sût, mais enfin cette sensibilité est loin d'être complète. Cette jeune fille ne sent pas la douleur, elle est encore analgésique. La sensibilité de la douleur nous a souvent semblé la première à disparaître et la dernière à réapparaître dans l'hystérie. Le côté gauche sent infiniment mieux, la douleur y est bien perçue et les pointes de l'œsthésiomètre sont distinguées au point correspondant à 25 millimètres. Le sens musculaire, qui n'esl pas aboli, est également diminué du côté droit. En un mot il y a évidemment hémi-hypoesthésie et hémi-amyosthénie associées, car nous savons bien depuis les beaux travaux de Burq, de Charcot, de Paul Uicher, la dépendance étroite de ces deux phé-