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domen. A ce niveau sur presque tout ralxlonieii mais surtout au milieu et du côté gauche il y a hyperesthésie douloureuse ou mieux dysesthésic (F^igurc 47). Ce phénomène paraît en rapport 1° avec des contractures incomplètes des muscles abdominaux dont la pression est très douloureuse et 2" avec des troubles de la sensibilité viscérale. Le bras gauche qui était hypoesthésique au début a recouvré sa sensibilité. Au-dessous de ces anesthésies cutanées nous constatons des anesthésies muscidaires très profondes non seulement pour la jambe gauche mais pour presque
FiG. 47. — I\cpnrlilion de la sensibilité cutanée clicz Th. H Anesthésic.
^^ Hypooslhésio.
D;)sesthésie.
tous les muscles du tronc. Quand elle a les yeux fermés, on peut plier la malade en avant ou sur le côté sans qu'elle s'en aperçoive. En un mot, sous Finfluence du séjour au* lit avec un appareil plâtré pendant trois mois s'est développé un engourdissement et un épuisement cérébral. Cet engourdissement nous paraît général ; il est probable qu'aucune des fonctions cérébrales ne s'exerce correctement. Le trouble du caractère, les délires mêmes, la perte des sentiments aflectifs pour son mari cl pour son enfant le montrent bien. Cet épuisement cérébral permet la persistance des états psyclio-physiologiques sous forme de suggestion. Il y a
persistance de rengoiirclissement, de l'inertie de la jambe dans toute retendue où se trouvait l'appareil plâtré et suivant les circonstances cet engourdissement peut même gagner tout le côté gauche. L'amélioration est déjà manifeste ; rien qu'en attirant son attention sur les mouvements de son bras gauche nous avons fait disparaître sa paralysie. Grâce à l'augmentation de la force phvsique depuis que l'alimentation est normale, le pouvoir d'attention et de synthèse mentale va grandir et bientôt il pourra reprendre possession des centres de la jambe; mais n'oublions pas qu'il faut exciter au mouvement les hystériques et ne pas les immobiliser indéfiniment dans des appareils plâtrés.
Ajoutons quelques mots sur la fin du traitement de cette malade qui présentait une paralysie de la jambe gauche. Le massage a eu un résultat des plus nets en attirant l'attention sur les sensations musculaires et en déterminant un grand nombre de ces sensations. Le massage du tronc a été particulièrement douloureux parce qu'il y avait çà et là un très grand nombre de petites contractures disséminées et nous avons déjà insisté souvent sur la douleur aiguë, le chatouillement, l'agacement que ressentent ces malades quand leurs muscles contractures se relâchent, retrouvent leurs mouvements et leur sensibilité'. Le massage a été beaucoup plus indifférent sur la jambe, mais il est arrivé au même résultat surtout lorsqu il était pratiqué pendant un état de léger sommeil hvpnotique. Ajoutons que la malade avait gardé une certaine crainte de son médecin et obéissait avec beaucoup de docilité. Elle a repris très vite tous les mouvements.
Observation 124. — Paralysie des muscles du tronc. — Ohê- ■sitè, asInsie-akHsie, paralysie des muscles du tronc, anesthésies, polypiii'c, f/raphic/ues de la respiration, paralysie du diaphragme, antécédents, chute dans un puits, terreur persistante, attaques, paralysies, inlerprétalions.
Voici un de ces cas où l'hvstérie se présente sous une forme extrêmement grave et trouble toutes les fonctions organiques. Nous ne l'éludierons pas en détail, car l'un de nous se propose
1. Pierre Jancl. Conlractures des muscles du tronc, f.a France médicale, 6 décembre 1895.
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(rôliuli(M' plus parUciilii'rcnu'ut le trouble principal que présente la malade, e Cst-îi-dire la paralysie des niuseles du tronc et le trouble des mouvements respiratoires'. Nous nous borneions ici à vous faire remar(pier les principaux symptômes et à vous rappeler son liistoire clini(jue.
Ce cpii vous frappe au premier abord elle/ cette jeune (ille que nous avons déjà désignée sous le nom de Juliette, c'est son extraordinaire obésité. Le ventre et la poitrine sont énormes (figure. 18). Elle n'a que 14 ans, elle pèse 130 livres et a
FiG. 48. — Ohésitc dans un c is ilc parulvsic des muscles du tronc.
00 cent, de tour de taille à l'ondjilic ; les soins sont énormes et pendants, la peau des seins, du ventre et du liaul des cuisses est couverte de vergelures comme celle d'une femme enceinte. Cette obésité du tronc contraste avec la maigreur relative des bras et des jambes, l^lle vous surprendra encore plus quand vous saurez fju'il y a quatre mois à peine, cette jeune fille était mince et semblable aux autres enfants de son âge.
Le deuxième fait sur lequel nous attirons votre attention, c'est
1. Celle élude se Irovive dans le [)rcinier volume de cel ouvrage, cliap. viii, p. 313, 328.
son état paralytique. Elle est couchée, le plus souvent sur le dos et il faut l'aider pour la mettre sur le côté. Il lui est absolument impossible de se tenir debout ; cette impossibilité de la station verticale ne dépend pas entièrement d'un troul)le du mouvement des jambes. Celles-ci se remuent correctement dans le lit et montrent même une assez g-rande force pour résister aux mouvements passifs. Il est vrai qu'une fois debout les jambes paraissent faire des mouvements incoordonués et d'ailleurs l'un des premiers phénomènes, il y a cinq mois, a été de l'astasie-abasie, mais nous croyons que cette astasie n'est pas bien grave : si Ton soutient très fortement le corps de la malade et ce n'est pas chose facile, elle fait correctement les mouvements de la marche. Ce qui rend la station impossible, c'est que le tronc n'ofFre plus aucune résistance et qu'il tombe lourdement en avant ou de coté. Juliette ne peut pas plus se tenir assise que debout, elle n'a aucun mouvement volontaire dans les muscles du tronc : c'est là le sièo-e essentiel de la paralysie, les bras n'ont à peu près aucun trouble des mouvements, le cou est faible et la tête vacille, mais la malade peut encore la remuer un peu. Cette paralysie s'accompagne d'une anesthésie profonde des muscles du tronc. Juliette, les veux fermés, ne se rend aucunement compte de la position de son corps. L'anesthésie tactile est moins complète, elle est d'ailleurs fort variable. Il y a toujours sur tout le corps une hypoesthésie assez forte avec disparition de la sensation de douleur mais conservation sur certains points du sens du tact. Le plus souvent l'anesthésie est plus complète du côté droit mais il est à remarquer qu'elle dépasse toujours notablement la ligne médiane surtout sur le ventre qu'elle recouvre presque entièrement \
L'anesthésie est beaucoup moins nette pour les sens spéciaux : le goût et l'odorat sont diminués, non supprimés, l'ouïe et la vue ne sont presque pas modifiés, c'est à peine si on note un léger rétrécissement du champ visuel.
Le troisième symptôme remarquable, c'est une polypnée extrême qui a du vous frapper depuis le début. Les mouvements respiratoires sont énormément exagérés. Vous voyez comme la poitrine et le ventre se soulèvent brusquement ; en outre ces mouvements ont une fréquence tout à fait anornuUe. Vous pouvez en compter maintenant jusqu'à 110 par minute. C'est qu'elle