Voir dans le premier vohiinc de ccl ouvrage, p. cil
^1^ LES PAHALYSIFS
est émue. Quand elle est très calme le nombre de ces mouvements descend jusqu'il 70, rarement au-dessous. L'ëtude de cette polypnée faite au laboratoire de psychologie nous a révélé un fait remarquable et que nous n'avions pas soupçonné au premier abord, c'est que les mouvements respiratoires du ihorax et de l'abdomen sont antagonistes. Le ventre s'abaisse quand le thorax se soulève et réciproquement. Quand on est prévenu du phénomène on le constate facilement parla vue ou par le toucher quand
Fi.:. V.). — Grapliique de la rospiration do Julietlc, la malade t'Ianl évcilloc cl couclice sur le dos. l'elilo vitesse du cylindre, 8U respirations par minute. La courbe supérieuce ïs, représente la respiration llioracique supérieure, le pneumograplie de Verdin était placé au niveau de la 4* côte ; la courbe Ti représente la respiration thoracicjue inférieure, le pneumographc de Marey est placé sur les dernières côtes un peu au-dessous de l'appendice xyphoide, cette courbe est encore du même sens que la respiration tlioracique supérieure; la courbe A représente la respiration abdominale, le pneumograplic de Verdin placé à l'ombilic, elle est de sens opposé.
la respiration est un peu moins fréquente, mais l'appareil enreo-istreur met bien mieux le lait en évidence (figures. i9 et 50) \
1. Nous avons déjà publié dans le premier volume de cet ouvrage, p. 430 et sq..
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plusieurs fçraphlqucs de la respiration de celle malade Julielle. Nous en reproduisons cependant ici deux autres qui ont été pris à d autres moments, deux mois après les premiers, quand la malade est revenue à lliùpllal. Ce phénomène de l'antagonisme complet des courbes respiratoires chez une hystérique étant Intéressant, il nous a paru bon de montrer par ces nouveaux graphiques analogues aux premiers sa régularité et sa permanence.
4lti IJ:S PAUALYSIKS
Il est clilKcile de compter les battements du cci'ur, l'obésité et les secousses continuelles du corps nous en empêchent presque toujours. Nous avons constaté un pouls de 100 à 110. Les autres (oncti(»ns sont moins troublées. La malade au début refusait de maniicr et voulait boire constamment. On la rèole assez lacile-
ment, elle n'a pas de vomissements et les digestions quoique évidemment lentes et pénibles se font assez bien. Le trouble le plus net c'est une paralysie de l'intestin qui empêche tout à fait la défécation. On n'obtient de selles que très difficilement avec des lavements poussés profondément par la sonde. Il est intéressant de r(Mnar([uer que malgré celte paralysie ou du moins parésie intestinale il n'y a pas de météorisme proprement dit. delà s'accorde peut-être avec la paralysie du diaphragme que met en évidence l'antagonisme des mouvements respiratoires. En un mot, à la paralysie et à l'anesthésie des muscles du tronc, s'ajoutent de graves anesthésies et paralysies viscérales dont la plus remarquable et la plus rare est la paralysie du diaphragme.
Voici dans ([uelles circonstances ces symptômes se sont développés. Le père est alcoolique et très nerveux; la mère a présenté des phénomènes hystériques et une tante maternelle est morte à 11 ans de chorée paralytique. L'enfant eut au début des diarrhées et des convulsions mais se rétablit à peu près, tout en restant très nerveuse et colère, mais très intelligente. A cinq ans, se plaça un grand bouleversement par l'émotion que nous considérons faute de mieux comme le point de départ des accidents. Vers 5 heures du soir elle tomba dans un puits de 12 mètres de profondeur. Il fut très dillicile de la retirer. Un homme qui l'avait saisie pendant qu^elle était accrochée aux pierres, la laissa retomber dans l'eau, puis la rattrappa et la tira par un pied. Quand on la ramena, elle resta délirante pendant trois semaines, ayant toujours des mouvements convulsifs pour s'accrocher et pour grimper. Elle se rétablit en restant très nerveuse. Dans une fièvre typhoïde qu'elle eut à 7 aus, le même délire se reproduisit. Peu de temps après le début des règles, à 11 ans, elle eut une forte influenza, à la suite de laquelle paruient recommencer des délires et des terreurs analogues à ceux qu'elle avait eus à l'âge de ij ans. Peurs terribles, impressions de chute, mouvements pour s'accrocher en crispant les doigts, rêves ([u'elle se noie, (|U Clic es! mouillée, ([u elle a froid ; tels sont les états émotifs qui au début déterminent des crises d'hyslérie et qui se repi'oduisent encore presque constam-
ment toutes les nuits. La paralysie se développa après ces crises, une nouvelle petite émotion déterminée par le feu chez sa grand'mère, aggrava la situation et paraît être le début de la polypnée. L'enfant confinée au lit refusa de manger et se mit à boire beaucoup, G litres d'eau rougie et 1 litre de lait par jour. En trois mois, l'obésité s'est surajoutée.
Nous sommes encore bien loin de pouvoir établir le mécanisme de ces perturbations physiologiques. Que l'émotion violente détermine des ancsthésies et des paralysies en dissociant l'activité cérébrale, c'est ce que nous savons bien ; qu'elle détermine des troubles viscéraux, c'est également un fait connu. Nous avons certainement des sensations qui nous viennent de nos viscères et ceuxci sont, par conséquent, représentés dans Lécorce cérébrale. Il faut admettre que l'émotion violente a déterminé un trouble de ces centres et de ces sensations et en particulier une anesthésie et une paralysie complète du diaphragme. Quant au fait que l'émotion a eu son début à l'âge de 5 ans et qu'elle n'a produit des effets graves qu'à l'âge de 14 ans, nous l'avons noté bien souvent. Il a fallu l'afFaiblissement cérébral déterminé par la fièvre typhoïde, par la puberté, par l'inlluenza, pour que le système psycho -physiologique de cette émotion prît tout son développement. L'étude de cas de ce genre pourra peu à peu nous faire comprendre, mieux que toute spéculation, le mécanisme de l'émotion.
Observation 125. — Hémiplégie hystérique. — Parlicipnlion de la télé et de la face, (lia(jno.slic, aiicslhcsics, Irouhle trophique des dents, développement graduel de l' héniipliu/ie par exagération de ramijosthénie.
Nous ne voulons pas entrer dans l'observation complète de cette jeune fille, Bno. Elle n'a que IG ans et elle a déjà une longue histoire pathologique. Elle a présenté, depuis quelques années, la plupart des accidents de l'hystérie : des migraines alternant avec des vomissements, des attaques, des somnambulismes spontanés et surtout des troubles viscéraux, de lanorexie, des vomissements incoercibles, du météorisme abdominal, de la rétention
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iriirlne, etc., etc. On pourrail ('ludlor sur elle toute rhystérie. Nous ne voulons que vous si^nnlcM- Tun des derniers et des plus pénibles accidents parce que son évolution est instructive et nous représente une des formes de la paralysie hystérique qui n'est pas tout à lait identique aux paralysies déterminées par émotion dont nous vous avons déjà parlé ((uclquefois. Vous avez devant les yeux un beau cas d hénuplégie. Il est aussi complet que possible : la jambe et le bras gauches pendent tout à fait inertes, la malade n'en peut absolument ri<*n faire. l)ien plus, si la tête n'était pas soutenue elle lond)erait du côté droit car les muscles cervicaux sont affaiblis sinon paralysés ii gauche. Enfin, vous voyez que la face est notablement déviée dans la partie inférieure, la commissure buccale est tirée h droite, le sillon nasal est plus marqué à droite et ([uand on la fait souiller et l'ire on voit que le mouvement ne se produit ([ue du côté droit. Ce n'es! pas un spasme à droite, c'est, à notre avis, une parésie à gauche.
Nous ne nous arrêterons pas à démontrer (jue cette hémiplégie relève de Thvstérie malgré la participation de la face, t/absence de contractures dans une hémiplégie, qui dure déjà depuis huit mois, l'absence de modification des réflexes, d'atrophie, de modifications des réactions électriques seraient déjà caractéristiques. Il va lieu de noter aussi tous les antécédents de la malade et surtout les troubles remarquables de la sensibilité.
L'anesthésie, en effet, est absolument complète dans les membres paralysés où Bno... ne peut sentir aucune impression quelle qu'elle soit ffigure 51). La même insensibilité existe dans les muscles et dans les articulations. Elle s'accompagne d'une forme d'aneslhésie organique qui ne nous a pas semblé fréquente, c'est le sentiment d'absence, de disparition des organes. Nous ne voulons pas dire que les anesthésies viscérales soient rares ; nous les croyons, au contraire, très fréquentes, mais nous avons déjà dit que l'on constate moins fréquemment cette forme spéciale d'anesthésie organique dans laquelle les malades perdent jusqu'il la notion de l'existence de leurs organes '. Celle-ci nous répète qu'elle est convaincue de n'avoir qu'une jambe, que, lorsqu'elle est couchée sur le dos, elle ne repose que sur une fesse. Elle ne peut dormir sur le côté gauche, car elle est effrayée par le sentiment d'ètrcî dans le vide, de ne reposer sur rien. Elle a besoin de