‹ Nérvoses et idées fixesChapitre 281 sur 326 · SPASMES DE LŒSOPHAGE ET PHOBIE DES ÉPINGLES · texte numérisé non relu

SPASMES DE LŒSOPHAGE ET PHOBIE DES ÉPINGLES

possible de phobie et même de phobie bien classique : celle des épingles. Idée obsédante et irrésistible, angoisse énorme, demi-conscience du malade, qui, au milieu de son angoisse, se déclare absurde, terminaison par laffirmation d'une personne, toujours la même ; c'est une crise analogue à celle du malade qui a près de lui un domestique spécialement chargé de lui dire que les femmes rencontrées ne sont pas jolies. Cette crise est fort connue ; elle fait partie des syndromes épisodiques du délire des dégénérés.

Eh bien, ne soyez pas surpris de voir la réunion de ces deux symptômes chez le même malade ; c'est beaucoup plus fréquent que vous ne croyez. Les psychasthéniques ont des troubles du mouvement, de la mémoire, de la sensibilité en rapport avec leurs idées fixes ; les hystériques ont des émotions systématiques persistantes qui ne sont qu'une forme de l'idée fixe, en même temps que leurs troubles de sensibilité, de mémoire et de mouvement. La différence entre ces deux catégories de malades consiste bien moins dans la nature des phénomènes que dans la forme prise chez chacun d'eux par le même phénomène.

En présence de cas de ce genre, nous ne chercherons donc pas uniquement à classer les symptômes dans tel ou tel groupe de maladies plus ou moins artificiel. Ce qui est plus intéressant c'est de rechercher dans chaque cas particulier le rapport des phénomènes les uns avec les autres. Les symptômes de Wy. peuvent s'interpréter de deux manières: 1° c'est simplement une hystérique qui présente à un haut degré la boule classique, c'est un spasme de l'œsophage et du pharynx survenu primitivement. Si l'on veut remonter plus haut, on dira que ce spasme est la conséquence d'une anesthésie ou mieux, pour être plus exact, d'un trouble de sensibilité de ces parties et si l'on préfère une autre expression, on dira qu'il y a une diminution, un engourdissement dans le fonctionnement des centres corticaux de ces mêmes parties ce qui n'est en somme que répéter la même chose en d'autres termes. Le spasme une fois produit donne à la malade la pensée de l'étouffement, le trouble de sensibilité entretient l'illusion qu'un objet est arrêté dans la gorge et le prétendu délire n'est que l'expression de cette sensation. 2" Voici maintenant une autre explication : c'est une malade dégénérée, avant les phobies de cette catégorie d'individus, elle a peur des épingles comme d'autres ont peur du poison, ou peur des espaces. Cette peur attire perpétuelle-

Page 1