SPASMES DE LQESOPHAGE ET PHOBIE DES ÉPINGLES
milieu de ces désordres on remarque quelques idées prédominantes, c'est une hypocondriaque qui depuis son enfance se préoccupe de sa santé : son mari prétend qu'elle l'a toujours ruiné en médicaments et qu'elle n'est heureuse qu'au milieu des bouteilles de pharmacie. Depuis l'âge de 9 ou 10 ans ses préoccupations sont tournées vers l'étude de sa respiration. Elle parle de maladie de poumons, elle a tout le temps peur d'étouffer. Elle qui s'intéresse à tout ce qui est médical, qui prétend n'avoir peur d'aucune opération, devient malade dès qu'on parle d'étouffement. Est-ce déjà un trouble de sensibilité respiratoire ? Pourquoi ce trouble que nous supposons sans avoir rien vérifié ? J'aime autant l'explication que donne la malade. C'est qu'elle a eu peur en vovant sa grand'mère et sa tante asthmatiques, qui avaient des étouffements à chaque instant et surtout pendant les repas. « Elle s'impressionne de rien, dit-elle. Tout ce que je pense, il faut que je le dise ou le fasse. » C'est le type des individus suggestibles h champ de conscience rétréci, avec prédominance de chaque idée qui règne successivement seule. Une émotion systématique, la peur de l'étouffement chez une personne hypocondriaque et suggestible a été construite vers l'âge de 9 ans. et a persisté indéfiniment dans le cerveau et dansl'esprit. Pendant plusieurs années, de 16 à 22ans, elle ne se manifeste que sous la forme intellectuelle, ce qui est la forme la moins complète pour un système psychologique. Wy. a peur d'étouffer, elle en parle, prend des précautions, elle imagine des dangers, ceux d'avaler des épingles par exemple et à plusieurs reprises cette préoccupation obsède son esprit. A ce moment vous l'auriez appelée simplement dégénérée, cependant l'idée s'accompagne d'émotion, de peur, et par conséquent déjà de quelques spasmes, mais ce côté physique ne persiste guère.
Surviennent des malheurs, des misères et un épuisement considérable, deux accouchements, la mort d'un enfant, le mobilier vendu, l'expulsion par le propriétaire, etc. ; la femme dit que c'est la faute du mari, parce qu'il est joueur, le mari dit que tout vient de la femme qui est folle. Ils oui peut-être raison tous les deux. En tous cas, affaiblissement énorme, physique et moral ; l'obsession, comme cela arrive toujours dans ces cas, grandit en proportion de la faiblesse cérébrale. L'émotion systématisée devient plus grande, c'est-à-dire plus précise, les peilurbations sensorielles qu'elle renferme se réalisent et il y a probablement des hypoesthésies viscérales que nous regrettons de ne pas mieux
LES SPASMES VISCÉRAUX
constater. Ces tronhlos se développcMit suivant les lois physiologiques et. psychol„oi(|uos du voisinage des centres, de l'association des éléments nerveux et de l'association des images. Si on n'avait
p;«s enrayé la maladie, il y aurait eu des Iro.djlcs digestifs, respiratoires; il y a déjà des spasmes de la glotte et des spasmes du diaphragme comme le montre le graphique de sa respiration (figure 73), mais tous ces troubles ne viennent pas au hasard, ne