SPASMES DU PHARYNX ET DE LŒSOPHAGE
sont pas des manifestations d'une émotion quelconque. Ce sont les éléments d'une émotion systématique. Par conséquent il n'est pas étonnant qu'il y ait en même temps développement d'une idée : celle-ci n'est qu'un autre aspect de cette émotion de la sufFocation persistant chez une hypocondriaque. Les deux interprétations nous semblent se concilier par la notion de l'émotion non plus vague et générale mais précise et persistant d'une manière déterminée, de manière à devenir a la fois le point de départ des troubles moteurs et sensoriels et des troubles intellectuels.
S'il en est ainsi, tout traitement qui portera sur l'un des éléments de cette émotion persistante portera aussi sur les autres. Un point qui nous a frappé c'est l'effet de la distraction. Nous avons chargé Wy. qui mangeait si mal, de servir d'institutrice à une hvstérique anorexique et de la faire manger à table. Singulière ironie, direz-vous. Non, pendant que Wy. se fâche contre sa malade et la force à manger, elle a à peine le temps d'avaler elle-même rapidement son déjeuner et elle n'a plus ni spasmes, ni grimaces. La malade a remarqué elle-même un petit détail assez délicat qu'elle nous a confié. Il y a des moments où elle se réconcilie avec son mari, où elle a besoin de passer quelques jours chez elle. Comme elle exagère tout, elle n'a plus à ce moment que des idées amoureuses ; elle prépare des surprises à son mari, elle veut être aimable, enfin son attention est attirée sur autre chose que sur son pharynx. A ce moment, il n'y a plus ni spasmes, ni épingles. Il faut donc distraire la malade de cette préoccupation folle d'étouffement, en même temps lui rendre autant que possible la sensibilité normale, détruire par le massage les petites contractures persistantes qui sont si souvent le point de départ des dysesthésies et de nouveaux spasmes, la fortifier d'une manière générale et elle reviendra rapidement à l'état où elle était avant cet épuisement ; déséquilibrée sans doute, très suggestible, mais débarrassée au moins pour quelque temps de cet accident particulier.
Observation 136. — Spasmes du pharynx et de l'œsophage.
GEsophaçjismc, aniècèdculs, excitation cjcnitale, désespoir d'anwur, masturbation, troubles de la sensibilité, traitement.
Cette malade est peut-être un peu diflicile h présenter, car il s'agit de questions délicates, mais il est bon de noter les effets
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singuliers que p(>iit avoir la iiiaslurhation, car vous les rencontrerez 1res souvent. A ce titre celte observation est vraiment curieuse. Cette dame déjà âgée, 13 ans, Vow., se présente à la consultation avec un symptôme assez banal, un spasme des muscles de la mâchoire, du pharynx et probablement de l'œsophage. Elle se plaint de ne pouvoir avaler, c'est à peine si elle peut boire. De temps en temps même, elle étouffe, elle a d(;s quintes de toux très fréquentes. Ajoutez que la sensibilité de ces régions sans être supprimée est diminuée et un peu confuse, comme il arrive dans la plupart des cas de contractures hystériques. C'est le tableau clinique de l'œsophagisme complet. Il se produit souvent chez les personnes nerveuses sous différentes influences, presque toujours à la suite d'émotions. Ces personnes se sentent la gorge serrée, sèche, et ne peuvent avaler leur salive; suivant qu elles sont plus ou moins nerveuses, le spasme persiste plus ou moins complet, quelquefois il siège uniquement ii l'œsophage sans rien d'apparent extérieurement et peut avoir une durée désespérante.
Le cas présent sera probablement moins grave, mais son origine est bien curieuse. Il s'agit d'une personne passablement dégénérée. Le père était franchement hystérique et la mère phtisique. Ce fut une enfant précoce, à un point de vue spécial s'entend, elle se touchait régulièrement toutes les nuits dès l'âge de 12 ans, et ces pratiques n'amenèrent pas alors de grands troubles, tout au plus de la fiiligue et quelques migraines.
A l'âge de 17 ans, elle trouva elle-même le meilleur remède : elle se mit en ménage avec un individu, qui lui fournit, paraît-il, une satisfaction régulière et sufllsantc. Elle était toujours fort excitée pendant le coït et a remarqué que déjà à ce moment elle avait des spasmes et surtout des quintes de toux <[ui se prolongeaient ([uelquc temps après, mais sans autre mésaventure. Tout alla bien ainsi pendant 1 i ans de ménage, mais il y a quel([ues années cet individu ne s'avisa-l-il pas de régulariser la situation en se mariant avec une autre.
Elle eut donc, vers l'âge de 3'2 ans, un très gros désespoir dont elle pensa devenir folle et pour se consoler de son mieux, elle recommença les manauivres solitaires. Tout allait assez bien, elle n'abusait pas trop, n'était excitée (pi'au début des règles suivant la normale. Elle éprouvait chaque fois des quintes de toux et des crachements comme si par exagération des sensations génitales,