ANOREXIE
pour modifier certaines dispositions musculaires permanentes? Nous savons qu'il a cette action régulièrement sur les contractures hystériques. Cette remarque pourrait encore nous porter à supposer qu'il n'y a pas uniquement des paralysies mais peut-être aussi des spasmes dans le météorisnrte.
Quoi qu'il en soit, elle resta bien portante pendant deux mois, puis, tout d'un coup, à la suite d'une petite contrariété, le ventre s'est gonflé de nouveau et il est resté gonflé pendant 15 jours. Sa circonférence à l'ombilic était de 72 centimètres; nous l'avons fait entrer à l'hôpital et dès le lendemain le météorisme a disparu, la même circonférence ne mesurait plus que 64 c. Dans les deux états nous n'avons pas constaté d'anesthésio cutanée ; il v avait peutêtre des anesthésics viscérales surtout intestinales, mais difficiles à vérifier. Notons seulement un peu de diarrhée pendant l'état de météorisme. Actuellement, nous constatons que la malade prétend pouvoir reproduire le gonflement à volonté et en effet elle gonfle son ventre jusqu'à reproduire la circonférence de 73. Nous avons pris le graphique de ce mouvement du thorax et de l'abdomen et nous vovons à peu près la même figure que chez la malade précédente '^figure 81). Le thorax se met en expiration forcée et se resserre pendant que l'abdomen se dilate. Il v a au contraire des inspirations thoraciques au moment du dégonflement. Il nous semble encore que la respiration a un rôle dans ce phénomène. C'est elle d'ailleurs qui joue le rôle principal, comme nous l'avons vu, dans ces aspirations d'air que font les malades pour gonfler leur estomac, pour chasser ensuite cet air dans les rots et même pour aspirer de l'air dans différents organes comme le rectum ou le vagin. On peut se demander encore si dans quelques cas de météorisme ne se produisent pas des phénomènes analogues.
Observation 142. — Anorexie. — Etat chlorodque, antécédents, sensibilité gastrique, émotion, besoin de société, cesse de manger dans l'isolement, traitement.
Cette jeune fille, âgée de 1(3 ans, Pou., semble au premier abord avoir une maladie bien simple et peu intéressante pour nous. C'est évidemment une chlorotique. A'ous remarquez la blancheur mate et cireuse de sa peau, et cependant son teint s'est déjà fortement amélioré depuis qu'elle est ici. Ses règles sont interrompues na-
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turollcineiit ; elle présenlail it son entrco un soufric doux au cœur et un souille carolidicn qui ont déjà diminué. (Notait donc, direzvous, un cas banal de chlorose. Laissez-la couchée et donnez-lui du 1er et ce sera tout.
Eh bien non, Messieurs, ce n'est pas si simple, et pour vous montrer que ce n'est pas tout à fait de la chlorose banale, nous allons la guérir très vite, sans la laisser couchée et sans lui donner de fer, sans rien lui laire du tout, simplement en la mettant dans une salle tl hôpital. C^ommenl, me dircz-vous, une salle d'hôpital aura-t-elle cette propriété do faire disparaître la chlorose? Vous allez le comprendre, quand nous aurons résumé brièvement la façon dont ces accidents se sont développés. 11 s'agit comme toujours d'une pauvre enAmt qui paye les folies paternelles. Le père, le grand-père, les oncles sont tous des alcooliques, plusieurs sont morts de délirium et les autres sont plus ou moins fous. L'enfant a toujours été chétive, se fatiguant facilement, dormant mal et surtout c'est le point capital, mangeant jiial. Dès son enfance, elle était capricieuse pour la nourriture, ayant très peu d'appétit et surtout un appétit fort irrégulier. Il y a certainement une sensibilité particulière qui correspond à l'état de nos viscères et qui nous fait sentir plus ou moins bien les besoins de l'organisme. Chez quelques dégénérés, ces sensibilités semblent imparfaites dès le jeuneàge. On dirait une écorce cérébrale quiest mal avertie des besoins des viscères. Supposez pour cela un centre spécial ou répartissez cette sensibilité dans la sphère sensitive en général, l'observation clinique n'en est pas moins vraie. Il en résulte chez cette enfant en particulier que la sensation de l'appétit est en quelque sorte fragile, elle disparaît facilement sous toutes les influences qui, comme nous le savons, diminuent et dissocient les fonctions cérébrales. Or, celle-ci a déjà eu une suite de petites émotions qui ont déterminé des accidents nerveux. Elle a déjà eu de la choréeh 10 ans et quelques crises de nerfs à l'âge de 12 ans, parce (ju'elle a été témoin d'un vol fait chez ses parents. Rentrée la première, elle a vu rappartement dévasté, et elle est tombée en convulsions. Vous v(»yez, déjà par là son émotivité et sa disposition aux troubles de la sensibilité et de la conscience sous linfluence des émotions, mais occupons-nous spécialement des émotions qui influencent l'appétit et la nutrition.
A l'âge de 14 ans, on la mit en apprentissage dans un atelier, elle se trouva là avec un grand nombre de jeunes fdles, avec