ŒDEME BLEU DE L.\ MAIN GAUCHE
un rôle intéressant, est plus rare. Elle n'existe guère que dans le côté gauche et uniquement pendant les périodes où, comme aujourd'hui, il y a œdème de la main.
A ce moment, vous constatez tous les phénomènes qui constituent le syndrome du Lasègue. Quand on la prie de serrer le dynamomètre, on obtient 15 avec la main droite et seulement 5 avec la main gauche. Ce faibfe mouvement de la main gauche n'existe que si on laisse la malade regarder sa main, sinon il n'existe plus aucun mouvement volontaire de ce côté. D'autre
FiG. 85. — Répartition rie la sens-ibilité cutanée chez V'oa. H Anesthésie ^rrî; Hypoesthésie.
+++ Plaque de dysesthésie sur la face antérieure du poignet gauche.
part, le bras gauche garde les attitudes cataleptiques, et continue les mouvements commencés, etc. Comme nous l'avons toujours remarqué, l'amyosthénie n'existe que dans les mouvements conscients et volontaires. Dans ses délires, dans ses somnambulismes, quand elle grimpe en haut des arbres de la cour, simplement dans ses colères qui sont fréquentes et dangereuses, celte femme devient très vigoureuse, même de son bras gauche.
Les sensibilités des muqueuses et des viscères sont, comme vous le savez, dilficiles à constater quand on ne veut pas se borner à
508 TROUBLES VASO-MOTEURS ET TIlOl HLES TROPHIQUES
des hypothèses ; nous pouvons seuliMiicnt affirmer qu'il y a anesthésic sur Li nni(|ueuse dr la bouche du eôlé j^auche, sur le pharynx du même coté et que prohahlenieut cetl(^ anesthésie se continue sur les viscères ; cependant V<»a. présente rarement des troubles viscéraux, sauf uup très orrande susceptibilité pour la digestion de certains aliments dont nous parlerons tout à l'heure. Nous n'insistons pas sur la disparition presque totale de l'odorat et du goût, sur le rétrécissement extrême du champ visuel qui n'existe plus qu'au point central, sur la diminution extrême de l'acuité visuelle.
Il est intéressant de vous faire observer que cette malade, quoique ayant une anesthésie très gra\ e et de longue date, présente d'une manière remarquable la sensibilité subconsciente qui a été décrite par l'un de nous. Nous aurons h nous servir de ce fait pour comprendre les modifications rapides que l'on peut provoquer dans son œdème.
Nous ne pouvons insister sur l'état de sa mémoire et de son intelligence; nous vous rappellerons seulement un petit fait curieux. Cette femme, tout à fait illettrée, est considérée partons ceux qui la connaissent comme ne sachant ni lire ni écrire, et de fait, elle nous dit elle-même qu'on a essayé de lui apprendre h lire à l'âge de 10 ans, mais sans aucun succès. Dernièrement, dans un somnambulisme spontané, elle s'est mise à écrire une lettre adressée à l'un de nous à propos d'une réclamation quelconque, et sa lettre, très enfantine, était bien lisible. Nous avons répété l'expérience et il est certain qu'en somnambulisme elle lit et elle écrit passabhmient. Il ne s'agit pas dans ces somnambulismes d'une grande transformation de l'esprit qui la ramènerait en arrière à l'âge de 10 ans, comme on l'observe dans certains cas particuliers. Il s agit de ces restaurations des souvenirs (pii accompagnent les restaurations de sensibilité et que l'on observe fréquemment chez les hystériques. Vous vous rappeliez la malade que Charcot montrait ici même la dernière année de sa vie: elle avait complètement oublié la langue anglaise étant éveillée, et elle parlait fort bien anglais dans l'état second. Tous ces faits, sur lesquels il est impossible d'insister en ce moment, démontrent surabondamment que cette malade n'est pas seulement une épileptiquc, mais que dans la plupart des phénomènes qu'elle présente il s'agit d'hystérie.
Revenons à son œdème pour lequel nous vous la présentons