mSTOIUF D'UNE IDKE FIXE
thésie et île la paralysie, il peut exister, croyons-nous, chez ces malades, des altérations des réilexes en rapport avec l'épuisement général du système nerveux ou même avec l'épuisement de certains centres (jui aj)rès avoir fonctionné isolément, fonctionnent d'une manière anormale et insulfisante. Non seulement Justine a perdu le réflexe pharyngien, ce qui est fréquent, mais elle présente des réilexes patellaires très diminués, presque nuls. En outre, les pupilles sont inéifales, celle de droite bien plus resserrée que celle de gauche et cette inégalité me paraît due à la lenteur et à l'insuffisance du réflexe pupillaire à gauche. Si l'on ajoute que le malade ne peut pas se tenir debout les yeux fermés, qu'elle a des vertiges et des troubles de la mémoire très précis que nous avons décrits, il est incontestable que bien des personnes seraient disposées à aflirnier un diagnostic très grave. Ce serait cependant une erreur, ainsi que nous avons pu nous en convaincre par une lonouc observation. Ces altérations des réflexes sont variables et, chose étonnante, les pupilles redeviennent égales dans les instants où les idées fixes sont dissipées et où l'esprit est ralïérmi. D'ailleurs, comme on le sait, rien n'est plus facile à confondre que ces états hystériques ou neurasthéniques et la paralysie générale au début. 11 n'est donc pas inutile de rappeler encore par un exemple que les troubles mêmes des réflexes et l'inégalité pupillaire peuvent ne pas être des signes décisifs.
Nous ne cherchons pas lesquels de ces troubles psychologiques et physiologiques sont primitifs et déterminent les autres, c'est là une dispute tout à fait oiseuse. Tous ces phénomènes sont aussi importants les uns que les autres, ils forment un ensemble dont il ne faut rien retrancher, ils sont tous des manifestations d'une altération fondamentale des fonctions vitales qui probablement nous restera encore longtemps inconnue. La seule chose qui nous paraisse importante à remarquer, c'est qu'il y a dans tous ces troubles un caractère commun, la dissociation des fonctions, la perte de l'unité, la diminution de cette synthèse continuelle qui fait la vie et la pensée.
C'est précisément ce caractère général qui explique la suggestibilité et la pullulation des idées fixes. Les idées fixes ne se développent complètement <|ue parce qu'elles se développent isolément. L'esj)rit et le corps tout entier ne viennent plus comme chez l'homme normal prendre part à chaijue phénomène ; la dé-
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