ÉVOLUTION DE LA MALXDIE
dans les moiiveiiients volontaires qui deviennent hésitants ou impossibles. D'autre part, ces rêveries automatiques et faciles amènent un certain nombre de rêves de prédilection qui s'imposent de plus en plus. Ces rêves prennent pour eux une grande partie de la force et de l'attention encore disponible, et augmentent le doute et l'aboulie.
La malade étant définitivement engagée dans ce cercle vicieux pathologique, et se concentrant de plus en plus dans ses rêves, est-il possible de faire quelque chose pour la réveiller et la faire rentrer dans le monde des réalités? Les traitements physiques n'ont eu qu'une bien faible action ; les médicaments de toute espèce, le bromure, dont on abusait au début, n'amènent aucun changement. Le traitement électrique devrait, je suis disposé à le croire, faire quelque chose. Mais il faut convenir que, dans le cas présent, il a été inutile. Marcelle allait trois fois par semaine à une séance d'électricité statique, et j'ai plusieurs fois examiné son état mental avant et après la séance ; les modifications de sa force de perception pouvaient être considérées comme un signe, un réactif, indiquant exactement les progrès même les plus petits; eh bien, il n'y a jamais eu aucun progrès après une séance électrique. Au contraire, les douches ont une action visiblement favorable : après une douche, Marcelle avait quelquefois un instant clair comme après un sommeil profond, mais de très courte durée.
Il faudrait évidemment pouvoir recourir au traitement moral, qui est le seul vrai, quand il s'agit de maladies qui sont morales; malheureusement nous connaissons si peu les faits et les lois psychologiques que nous ne pouvons instituer aucun traitement raisonné; on est obligé, comme aux débuts de la médecine physique, de procéder par tâtonnements, et il ne faut pas s'étonner si les résultats sont incertains et médiocres.
Persuadé, comme je l'étais, que la maladie de Marcelle était due surtout à une faiblesse de l'attention et de l'activité de synthèse, j'ai d'abord cherché s'il ne serait pas possible de développer cette activité simplement par l'exercice. Je voulais la forcer à travailler; je lui ai apporté des livres; je lui ai indiqué des petits exercices d'attention, je voulais la dresser à faire devant moi des mouvements volontaires et je l'obligeais à regarder ses mains, à se représenter visuellement leur mouvement afin de renforcer par les images visuelles, les images kinesthésiques insuffisantes.