LES IDfiFS FIXES DE EdIiME IIYSTI'RIQUE
mais no pouvait les (Iccriic, car elle n'en avait ni la conscience ni le souvenir.
Au contraire, nous pouvons constater facilemeni tous les stigniat(>s l(»s plus complets de l'hystérie, anesthésie tactile et nuisculair«> souvent limitée au côté droit, <|uelquefois généralisée, rétrécissem(>nt du champ visuel à 20°, dyschromatopsie, syndi'onie (le Lesègue, c[c.
Si nous résumons les observations précédentes, nous voyons que, chez ces quatre malades, nous ne retrouvons pas tous les groupes de svmptômes que nous présentaient d'ordinaire les malades obsédés par des idées fixes. Des trois groupes de symptômes que nous avons constatés, les stigmates préalables, les idées fixes conscientes pour le sujet et conservées dans le souvenir, les accidents consécutifs à l'idée fixe, nous n en pouvons observer (pie deux, le premier et le troisième. Les stigmates qui caractérisent la suggestibilité et la faiblesse mentales sont, chez toutes ces malades, extrêmement importants, vous savez même que chez ces malades hvstériques les troubles de la sensibilité, de la mémoire, de la volonté, sont devenus beaucoup plus nets et beaucoup plus caractéristiques.
Les accidents consécutifs sont aussi très évidents ; ce sont des vertiges, des peurs, des sommeils, des mictions involontaires, des excès de boisson, des ivresses, des extases, de nouveaux troubles de la sensibilité et de la mémoire, etc. Mais le phénomène intermédiaire, cause supposée des accidents, l'idée obsédante et impulsive, le rêve émotif, où est-il? Les malades ne cachent rien, et nous n'avons pas de raison pour mettre en doute leur sincérité. Elles affirment qu'elles ne pensent h rien de semblable et qu'elles ne se souviennent pas d'avoir eu entête des idées de ce genre.
On comprend donc que beaucoup d'auteurs aient hésité à expliquei- avec Charcot les accidents des hystériques par des idées fixes, cai' il est incontestable que, bien souvent, ces idées ne se manifestent pas chez elles d'une façon claire comme chez les autres aliénées.