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Idées fixes subcouscientes

l*';uil-il conclure de ces reinar(|ues que les idées fixes n'existent pas chez ces malades et (pi elles ne joucnl aucun rà\c dans leurs accidents ?

IDÉES FIXES SUBCONSCIENTES 'i25

Nous savons aujourcriiui que notre conscience ne saisit pas tous les phénomènes psychologiques qui se passent en nous, et qu'il y a dans notre esprit bien des faits que nous ignorons. Cette remarque est encore bien plus vraie quand il s'agit des hystériques. Vous savez qu'il existe dans leur esprit des sensations qu'elles ignorent, et je vous ai présenté dernièrement une femme hémiopique qui avait cependant des sensations suhconscientes dans la moitié en apparence insensible de sa rétine \ Vous savez que ces malades ont également des souvenirs sans s'en rendre compte j l'amnésie qui suit le somnambulisme et qui disparait dans le somnambulisme suivant, en est bien la preuve. Eh bien, les hystériques ont aussi quelquefois des idées, des états émotifs, dont elles n'ont pas conscience et de véritables idées fixes qui restent subconscientes.

Pour constater leur existence, il faut rechercher chez les mêmes malades les diverses manifestations des phénomènes subconscients dans les rêves, les attaques, les soinnambulismes, les écritures automatiques, etc. Toutes ces études nous montreraient des phénomènes intéressants ; nous insisterons surtout sur les somnanibulismes qu'il est plus facile de vous présenter ici rapidement.

Observation II (suite). — B., dont nous avons déjà constaté les vertiges et les peurs, présente un état somnambulique très facile à provoquer, c'est une reproduction de ses somnambulismes naturels autrefois si importants. Dans cet état elle se souvient des attaques, des somnambulismes précédents, des délires et en particulier de certaines rêveries qu'elle fait à tout moment de la journée, dans un état de demi-sommeil, et dont elle semble pendant la veille avoir perdu le souvenir. Dans cet état, elle nous raconte très bien ce qui 1 obsède depuis le mois de mars.

A cette époque, elle fit une visite à des parents qui habitaient Neuilly ; ceux-ci lui reprochèrent vivement sa conduite et voulurent la forcer à se réconcilier avec sa mère. En revenant, elle rêvait aux reproches qu'on venait de lui faire, à sa mauvaise conduite, et prenait dans son rêve une résolution qui simplifie toujours beaucoup les choses, celle de se jeter à la Seine. Cette rêverie a d'abord été consciente, bientôt elle s'est répétée et

1. Pierre Janet, Un cas d'hémianopsie hystérique. Archives de neurologie, mai 1895, p. H37, et chapitre viii de cet ouvrage.

»-:C> LES 101^:^8 FIXES DE l'OHME HYSTERIQUE

développée dans ees étnts d'engourdissement du cerveau et de la pensée, de denii-soninieils (jui surviennent si fréquemment chez les hvstéri(|U(»s. 13. ne se rendait plus compte de la pensée qui cnvaliissail son «>spnt et laissait e<MI«' |)ensée suivre son cours comnu^ un rêve pendanl le sommeil. Le rêve arrivait <mi elï'et à sa conclusion, la malade crovait (>njamber le parapet de la rivière et sauter dans l'eau. Mais cette chute imaginaire déterminait un soubresaut qui la réveillait. Elle se sentait alors tomber en avant sans savoir pourquoi, et éprouvait cette impression de vertige dont elle est venue se plaindre. Depuis, ce rêve s'est répété plusieurs fois par jour, avec la régularité d'une ol)sesslon (Icterniinant chaque lois le vertige consécutif.

Dites, si vous voulez, que ce nCst pas là une idée fixe tout ;i fait send)lal)li' aux obsessions conscientes décrites par les aliénistes. Sans aucun doute, la lutte contre l'idée fixe, le sentiment de l'irrésistibilité, l'angoisse, tout ce (jui dépend de la conscience môme de cette idée a disparu. Mais ne retrouverez-vous pas ici un système d'images qui se développe complètement sans la volonté du malade, système qui est persistant depuis plusieurs mois, dont le développement recommence régulièrement plusieurs fois par jour, c'est-à-dire ne retrouvez-vous pas les earactèies essentiels fondamentaux de l'idée fixe. Il me semble que c'est là une obsession d'un genre particulier, qui ne diifère des autres que par les circonstances, le demi-sommeil pendant lequel elle se développe et l'amnésie consécutive. Quant h ce vertige, cette chute en avant, qui n'existaient aucunement avant l'apparition de cette pensée obsédante, qui ne sont manifestés (jue quelques jours après, au moment du développemeni complet de l'idée, (pii suivi(Miiient si régulièrement à la fin de ce développement, n'est-il pas juste de les considérer comme les conséqucMices de cette idée fixe svdjconsciente.

Dans le même état somnamhulique, la malade nous raconte aussi que ses peuis ne sont pas sans motifs : « A ce moment, dit-elle, elle voit des serpents autour d'elle. » C'est là le souvenir d'un incident de son enfance; elle avait été effrayée par une couleuvre et, comme cela arrive fréquemment, elle voyait de nouveau sa couleuvre pendant les attaques d'hystérie. Les attaques ont disparu, mais l'hallucination du serpent se reproduit encore de temps en temps ; seulement elle se reproduit d'une façon subconsciente, l'émotion seule, la peur étant claiiement perçue par le sujet. Ici encore vous c(uislatfz une hallucination, un tableau, un

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