StigDifiles nientiiux des hystériques, 1892, p
précédents, car les spasmes viscéraux et tous les phénomènes qui en dépendent disparaissent immédiatement dès que Ton rétablit ces sensibilités. Pour n'en rappeler qu'un exemple souvent cité par mon frère et par moi, M. présente de la rétention d'urine déterminée par un spasme du sphincter et en même temps par un certain degré de paralysie vésicale; en outre, elle est atteinte de cystite à la suite des sondages malpropres qu'elle a été obligée de pratiquer à la suite de cette rétention, mais elle ne sent aucunement la douleur de cette cvstite. Si par divers procédés et en particulier en excitant et en dirigeant son attention, on lui rend la sensibilité vésicale, elle souffre de sa cystite, mais en même temps recommence à pouvoir uriner librement.
Nous avons en effet appliqué à cette malade depuis 1887 une méthode d'étude et en même temps de traitement qui consiste à provoquer par tous les moyens possibles la restauration de la sensibilité consciente. C'est encore cette méthode qui va nous servir pour l'étude de l'allochirie, il faut donc la rappeler en (juelques mots.
On sait (jue les anesthésies hystériques sont extrêmement mobiles sous toutes sortes d'influences, les unes physiques comme les sommeils, les intoxications, les autres plus morales, les émotions, les associations d'idées, les suggestions, les efforts d'attention, etc. Mais le fait qui m'avait surtout frappé dès mes premières études sur les hystériques, c'est que l'on peut en combinant divers procédés physiques, en se servant de Télectricité, de l'aimant, des plaques métalliques de ^I. Burq qui avait déjà signalé le phénomène, ou tout simplement en dirigeant l'attention sur un organe, puis sur un autre, déterminer des états où toutes les sensibilités sont restaurées. Ces états, quand ils ont été déterminés d'une manière complète, se caractérisent par des phénomènes extrêmement curieux.
Les amnésies si nombreuses et si variées de ces malades disparaissent pendant ces états où la sensibilité est rétablie, c'est là le premier fait sur lequel j'aie insisté'. Les paralvsies et les contractures qui dépendent en grande partie de ces amnésies sont momentanément guéries. Le D*" Despine (d'Aix) avait déjà très bien décrit le fait en 1840", ^L 13ur(j la très bien constaté en étudiant
1. Pierre Janet, Revue philosophique, 1887, I, p. i68, 1888. I, p. 271, auloiii. psyrh., p. 95, 114, 121, 296, 333, etc.
2. Despine (d Aix) , Le magnétisme appliqué au traitement des maladies nerveuses, 1840.